À MES MAITRES DE TOURS
Ce sujet nous fut inspiré par notre Maître, M. le Docteur DESMARET, qui mit à notre disposition ses observations, ses documents, et ausi ses connaissances de cette question. Nous le prions de trouver ici expression de notre respectueuse reconnaissance.
Notre but est précis; il peut se résumer en cette simple proposition :
1° Les hémorragies utérines, observées chez les femmes ayant un fibrome de l’utérus, sont-elles dues à la présence du fibrome?
2° Les hémorragies des fibromateuses constituentelles ou non une indication opératoire absolue?
Les hémorragies au cours des fibromes utérins ont des caractères parfaitement étudiés dans les traités
classiques.
Nous ne pouvons mieux faire que de citer les termes mêmes d’un rapport au Congrès de Chirurgie de 1924:
« Les hémorragies sous forme de ménorragies abon- « dantes ou de métrorragies anormales constituant le « symptôme caractéristique des fibromes utérins.
« Les hémorragies dans un fibrome simple ont tou- & jours un caractère de périodicité. Elles redoublent « à chaque menstruation. Elles s’accompagnent fré- « quemment d’expulsions de caïllots.. le sang fluide « ou les caïllots.….. ont l’odeur sui generis du sang
« menstruel normal.
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« D'autre part, on se souviendra qu’exceptionnelles « dans les fibromes sous-séreux, peu abondantes dans « les fibromes intra-muraux, elles sont surtout tena- « ces, rebelles et menaçantes dans les fibromes sous-
« muqueux pédiculés ou non. »
AINSI DÉCRITE CLINIQUEMENT, L'HÉMORRAGIE PEUT- ELLE ÊTRE CONSIDÉRÉE COMME UN SYMPTOME LIÉ À LA PRÉSENCE DU FIBROME ?
Les premiers arguments à considérer sont d’ordre
clinique et d’abord l’argument de fréquence.
Si le fibrome commande l’hémorragie utérine, on doit, dans l’immense majorité des cas de fibrome, noter l’existence d’hémorragies. En est-il ainsi dans la réalité? Reprenons les chiffres fournis au XXXIII° Congrès de Chirurgie de 1924.
Dans 50 % des cas, les hémorragies furent le signe
clinique dominant ayant amené la malade à l’examen
clinique. Dans 50 % des autres cas, l’hémorragie ne
serait pas en cause. Peut-être le premier chiffre est-il
‘inférieur à la réalité. Maïs ce qui est certain, c’est la
fréquence de fibromes ne donnant pas lieu à des
Songeons aussi au nombre de fibromes absolument ignorés qu'aucune hémorragie n’est venue révéler.
Citons avec NoNAT les statistiques d’autopsies systé-
els
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matiques faites jadis à la Salpêtrière : chez 20 % des autopsiées l’utérus portait un fibrome.
Bien d’autres arguments cliniques sont en contradiction avec l’hypothèse du fibrome facteur d’hémorragie.
À la ménopause, tandis que persiste le fibrome, les hémorragies cessent. Après castration ovarienne par les rayons X, le fibrome reste inchangé, les hémorragies cessent. Après un traitement hormonal, là encore, le fibrome n’est pas modifié en lui-même de façon sen-
sible, mais les hémorragies cessent.
Ne nous étendons pas sur ce genre de discussions.
D'ailleurs, si le fibrome était la cause des hémorragies utérines, on devrait trouver, on aurait dû trouver et décrire sur les pièces opératoires, soit à la coupe, soit après injection des vaisseaux utérins, une vascularisation importante de l’utérus ou bien des altérations de ces vaisseaux, des lésions musculaires, muqueuses, ou même ovariennes dues au fibrome et causes des hémorragies.
Or, il n’en est rien.
: Le fibrome utérin est un noyau encapsulé formé d'éléments musculaires disposés en tourbillon autour d’un élément vasculaire central, grèle vaisseau bien incapable d’expliquer les hémorragies, insuffisant qu'il
est pour assurer la nutrition du fibrome. C’est par