M. LE CURÉ DE VILLHRVILLE
Au Service célébré le 24 Septembre, à r Eglise de Villerville
Nous disons, mes Frères, le dernier adieu au vénérable patriarche qui laisse à tous les siens, à toute cette paroisse, une mémoire si belle, si noble, si exemplaire.
Les ouvriers à la cause desquels sa vie a été toute dévouée lui préparent à Marly des obsèques triomphales. Ici, au moins, nous garderons toujours son souvenir. Il est dit dans l'Ecriture : In memoriâ œternâ erit justus... ■ — La mémoire du juste est éternelle. — C'est vrai du mort que nous pleurons. Il vivra dans la nombreuse et belle couronne de ses enfants qui se font un honneur de continuer ses traditions.
Il vivra dans ses œuvres. Il ne m'appartient pas de parler de ce qu'il a entrepris sur un plus grand théâtre, mais, à Villerville, aucune oeuvre religieuse ou sociale ne l'a laissé indifférent. Il était chrétien convaincu et pratiquant. N'y cherchons pas d'autre explication. Citons seulement, en passant, l'Œuvre du Denier du Culte et cette Crèche de
Villerville où il avait rêvé que les enfants sucent, avec le lait, la doctrine et l'amour du Christ.
Il vivra éternellement dans le sein de Dieu. Certes, c'est au souverain Maître des vivants et des morts qu'il appartient de juger les mérites; mais autant que le permet la sagesse humaine, ne pouvons-nous pas dire qu'il fut un juste?
Toute sa vie, il vécut sa croyance, et c'est pourquoi il vit venir la mort sans crainte; et tandis que tant d'autres, dans l'impuissance où ils sont d'échapper à ses coups, se détournent pour ne pas l'apercevoir, lui, il voulut la regarder en face et il fut plus fort qu'elle. Il remplit alors tous ses devoirs religieux en présence de ses enfants, auxquels il demanda de s'associer à lui dans la prière. Puis, calme, maître de luimême comme il l'eût été en une circonstance toute ordinaire, il s'occupa encore des intérêts des siens. C'est bien là le fait d'une conscience pure et droite, en règle avec son Dieu et avec son devoir, et qui n'a rien à craindre. Aussi, en présence de ses restes mortels, je dirai sans doute ce que l'on doit dire devant tout défunt : Prions pour hd^ mais j'ajouterai, et ce sera mon dernier mot : Imitons-le.
DISCOURS