‹ Henri de Bernières: premier curé de QuébecChapitre 33 sur 45 · LETTRE DE M. DE MAIZERETS, DE LA SO CIÉTÉ DES BONS- AMIS, A M. BOUDON · texte numérisé non relu

LETTRE DE M. DE MAIZERETS, DE LA SO CIÉTÉ DES BONS- AMIS, A M. BOUDON

Nous avons une dizaine de lettres inédites de M. de Maizerets, frère de celui qui se consacra avec M. de Bernières à l'œuvre du séminaire de Québec. Elles sont adressées "àM. Boudon, demeurant chez M. Brébion, derrière les murs Saint-Ouen, proche Madame de Bernières, à Rouen. M Nous en donnons une ici, pour montrer l'esprit qui animait la Société des Bons-Amis.

(1) On laissa le Chapitre s'éteindre de lui-même par le décès de ses membres, te dernier chanoine, M. Pierre Saint* Onge, mourut en 1795.

" De Paris, ce 13 décembre 1652, fête de sainte IyUcie, vierge.

" Monsieur et très cher ami, Je prie notre bon Jésus qu'il soit notre vie tout à jamais.

* * Je tâcherai de me tenir en indifférence pour toute sorte d'états, soit pour la pauvreté, soit pour la vie solitaire, soit pour le tracas, soit pour les richesses. Je suis à Dieu, corps, âme, biens, et tout ce que j 'ai. C'est à lui à en disposer selon sa sainte volonté.

1 ' J 'ai porté votre lettre à la Mère Renée. Je ne la pus voir, parce qu'elle était empêchée. J'ai aussi envoyé votre lettre à M. Gonthier.

4 ' J 'ai été voir la Mère de Montigny. Elle a été bien surprise d'apprendre la mort de cette bonne religieuse. Elle m'a dit qu'elle priera pour elle, et me dit beaucoup de louanges de cette bonne Mère. Elle vous baise les mains, et la bonne Mère du Saint- Sacrement aussi, que j 'ai été voir aujourd'hui, et qui m 'a dit de bien bonnes choses. Je vous assure que je ne sors jamais d'avec elle que bien content et tout autrement qu'en y entrant.

" Nous avons aussi écrit à M. de Montigny, il y a longtemps, sans avoir de réponse jusques un mois après. Il y a deux jours que nous reçûmes ses deux lettres. Il nous mandait qu 'il avait été bien malade, ce qui avait été cause de son retardement à écrire. Il recommandait aux prières une affaire bien de conséquence pour le déterminer à venir avec nous, qui sont ses partages qu'il espère bientôt faire. Il nous mandait qu'il nous enverrait de l'argent bientôt.

" J'ai donné déjà deux communions pour cette bonne religieuse. Je lui donnerai encore toutes celles que je ferai durant ce saint temps d'Avent.

11 M. Thierry est arrivé ici, il y a quelques jours. Il a passé une infinité de dangers, dont il a été évidemment délivré. Nous attendons M. Pallu la semaine prochaine. M. de Meurs et M. Thierry sont allés aux Ordres, le premier pour soudiacre, le dernier pour les mineurs. Ils se recommandent tous deux particulièrement à vos saintes prières.

1 ' Je suis bien aise que le zèle de la sainte Vierge s'augmente bien à Rouen. Je prie notre bon Jésus qu'il aille toujours de mieux en mieux ici comme là.

" Je vous assure que je serais bien heureux d'aller à Caen, à présent, dans un temps où M. de Bernières a de grandes lumières sur toutes sortes de vertus. M. Roqnelay a mandé à sa bonne mère que M. de Bernières disait qu'il n'y avait point d'état dont il ne pût parler par expérience et sur lequel il n'eût de grandes lumières par la grâce divine. J'espère que vous aurez là bien du contentement et que vous avancerez beaucoup par la conversation de ce grand serviteur de Dieu, car on nous assure que ses paroles sont toutes pleines d'onction, et l'on voit bien qu'elles viennent de l'esprit de Dieu. C'est là le sentiment de la Mère du Saint-Sacrement.

4 * Je salue votre saint Ange, lequel j 'honore du plus

profond de mon cœur. Tous nos messieurs et mon

frère vous baisent les mains. Je vous supplie de

demander pour moi la fidélité à notre bon Jésus par

le cœur virginal de sa très sainte Mère, dans lequel

je suis tout à vous et pour toujours, Monsieur, et

très cher ami, votre très humble et très obéissant

serviteur,

De Maizerets, ' l'esclave de Jésus, Marie et Joseph, des Anges et des Saints."

(Voir p. ij.)

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