‹ Henri de Bernières: premier curé de QuébecChapitre 37 sur 45 · Quittance de M. de Bernières, 17 fév. 1664. — Je · texte numérisé non relu

Quittance de M. de Bernières, 17 fév. 1664. — Je

soussigné, Henry de Bernières, faisant les fonctions -curialles en l 'église de Notre-Dame de Québec, confesse avoir reçu des Marguilliers présentement en -charge en la d. église la somme de 6,000 1. pour estre remboursé des advances par moy faites pour la bastisse d'un presbytère : laquelle somme de 6,000 1. aurait estée payée suivant l 'ordonnance du Conseil en date du 17 nov. 1663 aux d. sieurs marguilliers par la Communauté des Habitants, à raison du dépost qui avait été faict à la d. Communauté de pareille somme de 6,000 1. destinée à la bastisse d'un presbytère : et partant, je promets bien et duement descharger les d. sieurs marguilliers de la d. somme par moy reçue. Fait aujourd'huy, 17 février 1664. H. de Bernières.

( Voir p. 128.) NOTES SUR L'ILE D'ORLÉANS ET L'ILE JÉSUS

Mgr de Laval acheta en 1666 la seigneurie de l'ile -d'Orléans, de M. Castillon, l'un des membres de la Compagnie des Cent- Associés. " L'île d'Orléans est à cinq quarts de lieu de la ville de Québec et a appartenu à François de Laval, le célèbre et saint évêque du Canada. " {Americana de Dufossé, p. 145).

Il l'échangea le 24 avril 1675 avec M. Berthelot, pour l'île Jésus, et reçut 25,000 francs de retour. M. Berthelot était en Europe, — nous ne croyons pas qu'il «oit jamais venu au Canada — et avait pris à ferme

quelques propriétés de l'abbaye de Maubec,qui appartenait à Mgr de Laval. Le prélat, en retour, s'occupait un peu de ses affaires au Canada.

L'île d'Orléans fut érigée en comté de Saint-Laurent par Louis XIV en faveur de M. Berthelot ; et Mgr de Saint- Vallier écrivait à ce sujet en 1685 : 4t L'île d'Orléans s'appelle aujourd'hui le comté de Saint-Laurent : elle appartient à M. Berthelot, secrétaire des commandements de Mme la Dauphine, si connu dans le Canada par son zèle pour la décoration des églises, et par l'établissement des petites écoles pour les enfants. " {Mandements des êvêques de Québec, t. 1, p. 205).

Pour encourager les mariages, M. Berthelot faisait, dans son comté de Saint-Laurent, un présent de trente livres à chaque couple de jeunes gens qui se mariaient. (Lettre de l'intendant Duchesneau, 10 mars 1679.) Il donna, en 1677, 1,200 1. pour le curé de la Sainte-Famille. (Lettre de M. Dudouyt à Mgr de Laval, 1677).

François Berthelot, écuyer, conseiller et secrétaire du roi, vendit, le 25 février 1702, la terre et propriété de l'île d'Orléans à Charlotte-Françoise Juchereau, veuve Pachot, plus tard épouse de -François de Laforest, capitaine d'une compagnie du détachement de la marine au Canada, De nombreux différends survinrent entre le nouvel acquéreur et l'ancien possesseur de cette seigneurie: ils furent l'objet de beaucoup de délibérations au Conseil Supérieur de Québec et au Conseil d'État. (Americana de Dufossé, p. 146).

L'auteur de l'Histoire manuscrite du séminaire de Québec nous apprend que Mgr de Laval avait

songé a racheter l'île d'Orléans : " En 1698, dit-il, nous voyons que M. Berthelot voulait vendre l'île d'Orléans, et que Mgr de Laval songeait à l'acheter. Il voulait y fonder une maison pour la formation de bons maîtres d'écoles, si nécessaires au pays. "

Puis il ajoute : " L'incendie du Séminaire de 1702 eut un avantage, ce fut de faire renoncer M. Tremblay de s'occuper de l'achat de l'île d'Orléans, pour laquelle Mgr de Laval était disposé à payer 30,000 livres. "

: Dans une lettre de M. de Vaudreuil, en .date du 25 octobre 171 1, on voit que " les Anglais regardaient depuis longtemps l'île d'Orléans comme un poste à occuper, ' ' et que cette île * ' était très remplie de grains, de bestiaux, comme aussi d'habitants très aisés. "

Quant à l 'île Jésus, dont la seigneurie appartient encore aujourd'hui au Séminaire de Québec, voici ce qu'on lit dans V Histoire de la colonie française au Canada, par M. Faillon, t. ni, p. 347 :

41 L'île Jésus avait été concédée aux RR. PP. Jésuites par la grande Compagnie, le 15 janvier 1636. Ces religieux n'y ayant fait aucuns défrichements, M. Talon la réunit apparemment au domaine, en vertu des ordres qu'il avait reçus du roi, et la donna purement et simplement à M. Berthelot, sans faire mention des premiers propriétaires. D'après les titres imprimés pour la tenure seigneuriale, M. Talon aurait donné l'île Jésus à M. Berthelot le 3 novembre 1672. Quoiqu'il en soit, le P. Dablon, supérieur des Jésuites de Québec, pour donner, sans doute, toute sécurité à M. Berthelot, lui fit cession de l'île Jésus,

le 7 novembre 1672, par acte passé devant Becquet, notaire à Québec. "

M. Dudouyt, dans sa lettre de 1677 à Mgr de Laval, nous apprend que le séminaire de Québec fut quelque temps en marché de vendre l 'île Jésus aux Sulpiciens: La transaction n'eut pas lieu, et la propriété de la seigneurie fut confirmée au séminaire de Québec par MM. de Callières et Champigny le 23 octobre 1699. (Tenure Seigneuriale, p. 447). Les titres de possession de cette seigneurie furent enregistrés au Conseil Souverain le 11 août 1705 :

* ' Vu la Requête présentée au Conseil par Messire Jean-François Buisson, prêtre, procureur du Sémi~ naire de cette ville, contenante que Sa Majesté ayant bien voulu accorder à M. l 'ancien Evêque de cette dite ville et aux Supérieur et directeurs du dit Séminaire un Brevet en date du 2 mai 1702 de confirmation du titre de concession de l'île Jésus faite et réitérée à mon dit sieur l'ancien Evêque et au dit Séminaire par MM. les Chevaliers de Callières et de Champigny le 23 octobre 1699, il requiert à ce qu'il plaise à ce Conseil ordonner que le dit titre de concession et le dit Brevet de confirmation soient enregistrés au greffe d'iceluy pour la sûreté du dit Séminaire et y avoir recours en ce que de raison : ouï le Procureur Général du Roy :

" Le Conseil faisant droit sur les fins de la dite requête a ordonné et ordonne que les dits titres de concession et Brevet de confirmation d 'icelle soient registres es registres d'iceluy pour y avoir recours quand besoin sera, (signé) Beauharnois. ' '

(Voir p. 146.)

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