‹ Henri de Bernières: premier curé de QuébecChapitre 41 sur 45 · M. POITEVIN.— LA CURE DE SAINT-JOSSE · texte numérisé non relu

M. POITEVIN.— LA CURE DE SAINT-JOSSE

M. Poitevin mourut à Paris en 1682. Il légua, en mourant, au séminaire de Québec sa bibliothèque, dont une partie venait de l 'abbaye de Lestrées. Mal-

heureusement, il ne paraît pas que les livres de l'abbaye de Lestrées soient jamais venus à Québec. Mgr de Laval écrivait à M. Dudouyt, au sujet de cette bibliothèque de Lestrées :

" Vous avez fait une faute de ne pas envoyer tous les livres de feu M. Poitevin, légués au séminaire : tout sert à une bibliothèque, même les doubles. Je m'attendais bien que ceux qu'il avait eus de l'abbaye de Lestrées, reviendraient ici : l'on ne vend pas grand 'chose des livres qui ont servi, et de cette nature; et il en faut acheter bien cher : c 'est une affaire faite ; il n 'y faut plus penser. ' '

Puis il ajoutait, parlant du curé de Saint- Josse : 11 M. Poitevin était un bon serviteur de Dieu. Ce que j 'estime plus en sa mort, et qui est une marque de l'esprit de Notre- Seigneur, est le bon usage qu'il a fait de tout ce qu'il possédait. "

Nous avons de M. Poitevin une lettre adressée à M. Boudon, et datée de Paris le 25 août 1664 :

' ' Monsieur et cher ami, nous assistâmes hier au sacre de Mgr de Rhodes, qui se fit avec toute la magnificence et dévotion possibles du côté du nouveau prélat. Mais hélas ! que les joies de ce monde sont trompeuses, et qu'elles sont détrempées d'amertume l Nous avions, la veille, entretenu, à six heures du soir, notre bon P. Bagot. Le lendemain, Mgr de Rhodes, avant son sacre, voulait l'entretenir de quelques affaires de conscience qui le regardaient. L'heure était donnée ; et quand nous y fûmes, nous le trouvâmes mort. Que cela est surprenant, et que cela diminue bien notre joie ! Il se portait bien, en se couchant ; de vers les onze heures du soir, il se sentit attaqué d'une fluxion en la tête, qui lui descendait

du cerveau. Il se leva avec grande peine pour avertir son voisin de lui aller chercher du secours ; et en un quart d'heure, ayant reçu l'absolution et l'extrêmeonction, il expira entre les mains de notre bon Maître, et de sa très sainte Mère, que notre bon père chérissait tant. Les larmes qui me coulent des yeux et saisissent mon pauvre cœur m'empêchent d'en dire davantage. J e pense que la bonne Vierge, qui voulait le récompenser, a permis que cela eût été si précipité afin qu 'il mourût le samedi, dédié à ses grandeurs. Je ne vous le recommande pas ; je sais qu'il vous l'est assez de luy même. . . "

Saint-Josse était une des sept ou huit petites paroisses qu'il y avait, avant la Révolution, dans le quartier Saint-Jacques de la Boucherie. Outre Saint- Jacques, dont il reste encore la magnifique tour, il y avait Saint-Merry, Sainte-Opportune, Saint-Bon, Saint-Josse, Sainte-Croix de la Bretonnerie, etc. 11 n 'y a plus aujourd 'hui que la paroisse de Saint-Merry. C'est sur cette paroisse, rue Sainte- A voye, que naquit, en 1577, le P. Joseph-François Le Clerc du Tremblay, le confident et le bras droit de Richelieu. L'église Saint-Josse était sur la rue Aubry-le-Boucher.

D'après Lebœuf {Histoire de la ville et de tout le diocèse de Paris), Saint-Josse fut le premier démembrement d'une paroisse appelée Saint- Laurent : " Saint Fiacre y avait logé, dit-il, à son arrivée d'Irlande au septième siècle, ainsi que saint Josse, fils d'un roi de la Petite-Bretagne, dans l'une des occasions qu'il eut de passer par Paris vers le même temps ...

" L'édifice de l'église de Saint-Josse, ajoute-t-il,

est fort petit, et mal orienté ; c'est une espèce de chapelle de forme carrée.

• • Son territoire comprend un quatre où il y a en tout vingt-neuf maisons. Il n'y a aucune communauté sur ce territoire. "

Le seul souvenir qui reste de la paroisse de M. Poitevin, c'est un reliquaire en cuivre doré, qui renferme une précieuse relique de saint Josse, bien authentiquée par Mgr Bellay, premier évêque de Paris après la Révolution. Nous avons vénéré cette relique, il y a quelques années, dans la sacristie de l'église de Saint- Merry.

{Voir p. 345.) LA MESSE DU PALAIS, A QUÉBEC

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