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« Je lai toujours vu remplir ses devoirs de prêtre, dans mon diocèse, avec une très grande piété, et l’on m'a dit que c’est la
la mème chose à Paris.
« Depuis que je le connais, sa conduite a toujours été conforme à la foi catholique, sa vie non seulement pure, mais exemplaire.
« C’est un homme très prudent, et supérieur en affaires.
« Je sais par ouï-dire qu’il a été archidiacre d'Evreux, et qu'il en a exercé les fonctions pendant plusieurs années d’une manière extrèmement honorable; puis, il s'est démis purement et simplement de son archidiaconé, pour la plus grande gloire de Dieu, et sans se réserver aucune pension.
« Il n’a jamais donné le moindre scandale en ce qui regarde la foi, les mœurs ou la doctrine.
« L'expérience qu'il a du saint ministère et surtout les grands exemples qu'il a donnés dans mon diocèse m’autorisent à dire que son élévation à l’épiscopat sera très utile, surtout pour le siège épiscopal qu'il s'agit de créer au milieu des peuplades infidèles du Canada, où il faut un Pontife qui brille non seulement par l'éclat de la parole, mais par celui des grandes vertus (4). »
Le nombre des habitants de l'Ermitage ne fut jamais bien considérable. Le fondateur exprimait dans une lettre l'intention de n’en admettre jamais plus de cinq ou six. On en comptait dix à la mort de M. de Bernières.
Durant son séjour à Caen, M. de Laval prit la défense des hospitalières auxquelles on voulait enlever la direction de l'Hôtel-Dieu, et gagna leur cause. — IL fut aussi chargé par l'autorité ecclésiastique de travailler à la réforme d’un couvent de religieux, et « d’une maison de trouble et de dissension, il en fit une maison de paix, de piété et d’édification. » (Eloge funèbre de Mer de Laval, prononcé dans l'église cathédrale de Québec, le 4 juin 1708, par M. Jean Séré de la Colombière, vicaire général du diocèse).
(4) Archives du Séminaire de Québec, Informations sur la personne de M. de Laval, faite par le nonce Cœlius Piccolomini, à Paris, le 47 juillet 4657, à l’occasion de sa nomination à l’épiscopat. — A part Ms Servien, évêque de Bayeux, les autres témoins interrogés furent M. Claude Blampignon, abbé commendataire du monastère de l’Aumônerie, de l’ordre de Citeaux, dans le diocèse de Chartres, âgé de 47 ans, demeurant à Paris dans le monastère des Religieuses de Saint-Thomas; M. Picques, prêtre de Paris, bachelier en théologie de la faculte de Paris, curé de Saint-Josse, âgé de 31 ans; et Maitre Joseph Sain, sous-diacre du diocèse de Tours, bachelier en théologie de la faculté de Paris, et docteur en droit de la faculté d'Orléans, chanoine et théologal de l'église métropolitaine de Tours, âgé de 24 ans.
Mais à part les hôtes permañents de cette maison, il y avait les affiliés qui s’y réunissaient de temps en temps pour s’entretenir soit de spiritualité, soit de bonnes œuvres. Il n’est pas surprenant que dans une telle société, dirigée par un laïque, un peu en dehors de toute influence ecclésiastique, sans règlement approuvé par l'autorité diocésaine, toujours en excitation par suite des menées sourdes des jansénistes, il se soit glissé des abus et commis des excès. Les esprits solides et bien équilibrés, comme ceux que nous avons nommés, restaient calmes et profitaient de la solitude de l’Ermitage pour s’avancer très avant dans la perfection. Mais les têtes faibles ne pouvaient résister au surmenage de la spiritualité, les imaginations s'échauffaient, on se grisait d’admiration pour la parole et l'autorité du Maitre, on lappelait « un évêque sans mitre, un aigle qui avait fixé sa demeure dans le soleil, un ange attaché à un corps mortel, »
Il n’est pas sans enseignement — car l’histoire souvent se répète — de citer ici quelques lignes de M. Laffetay sur certains faits regrettables qui d’après lui se rattacheraient à l'Ermitage. L'auteur, cependant, a le tort évident de trop généraliser : les hôtes de l’Ermitage furent ordinairement non seulement à l'abri de tout reproche, mais des hommes d’une grande vertu :
« La piété la plus sincère, dit-il, la plus ardente, quand elle n'est pas réglée par une humble soumission aux pasteurs légitimes, peut aboutir à de dangereux excès : c’est ce qui arriva aux confrères de l'Ermitage (1). Négligeant le soin des pauvres, pour lequel leur fondateur les avait institués, ils prétendirent attirer dans leur sphère d'action tous les intérêts religieux. Ainsi ils se regardaient comme suscités de Dieu pour stimuler le zèle de l’épiscopat, et, au besoin, pour réformer ses décisions. Ils s’érigeaient en docteurs et même en inquisiteurs de la foi. Pas un curé dont l’administration fût à l’abri de leur critique; pas un prédicateur dont ils ne censurassent la doctrine, s’il n’avait eu soin de leur demander auparavant un brevet d’orthodoxie (2). »
Hâtons-nous d’ajouter que tout ce qu'on a pu reprocher avec raison à quelques confrères de l'Ermitage, surtout après la mort
(4) Il aurait fallu dire : à quelques confrères de l’Ermitage. (2) Histoire du diocèse de Bayeux, p. 210.
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de M. de Bernières-Louvigny (4), a été grandement exagéré par les jansénistes, qui n’ont jamais pu leur pardonner d’avoir été leurs adversaires.