‹ Henri de Bernières, premier curé de Québec [microforme]Chapitre 7 sur 60 · F7 ANT TS · texte numérisé non relu

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et sur M. de Bernières-Louvigny, son oncle, qui fut aussi son principal éducateur. Parlons maintenant de sa famille.

Elle était noble, et l’une des plus anciennes de la Basse-Normandie (1). La commune de Bernières, sur cette belle ligne d'établissements de bains qui s'échelonnent sur la Manche, parait en avoir été le berceau. « L'église de l'endroit, une des plus importantes des environs de Caen, est précédée d’une très belle tour, du treizième siècle, haute de deux cents pieds, percée d’élégantes ouvertures ogivales et terminée par une gracieuse pyramide en pierre. Cette église, qui a échappé aux remaniements contemporains, a conservé l'ordonnance primitive de son vaste chœur du treizième siècle, dont les rétables et les riches boiseries du dix-septième siècle présentent un aspect monumental et très homogène. La nef, flanquée de deux bus-côtés, appartient au onzième et au douzième siècle (2). »

La famille de Bernières était certainement établie à Caen dans la deuxième moitié du seizième siècle, Elle demeurait près du grand canal de l'Orne, où elle avait une propriété considérable.

Pierre de Bernières, baron de Louvigny et d’Acqueville, grandpère de Henri, était trésorier de France en la généralité de Caen ; sa femme, Marguerite de Lion Roger, était elle-même fille d’un trésorier de France en la même généralité.

Le baron d’Acqueville et de Louvigny eut huit enfants, quatre garçons et quatre filles. L’ainé, baron de Louvigny, ayant embrassé la carrière des armes, servit avec distinction sous le prince d'Orange, et mourut en 1625 à Venise, où il commandait une compagnie au service de la République. Le second fils, baron d’Acqueville, père du curé de Québec, entra dans la magistrature. Conseiller au grand conseil, il fut chargé plusieurs fois dans sa

Integræ translatæ sunt

Die 5û nov. anno 41807 P. memor, Isabeila Johanna de Bernières.

(4) « De Bernières, famille de Normandie, élective de Caen, qui a donné un lieutenant-général des armées du Roi, dans la personne de M. le comte de Louvigny. Porte : d'argent à la face d'azur, chargée de trois croissants d’or, surmontée d’une bande de gueules, chargée d’une étoile d’or, un lion naissant de sable en pointe, » (Archives départementales de l’Eure, Dictionnaire généa-

logique, pæ M. D. L. C. D. B.).

(2) Guides Joanne, Caen et les Bains de mer, de Lion à Port-en-Bessin.

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ville natale des fonctions de premier échevin. Le fondateur dé l'Ermitage, né en 1602, était le troisième fils de M. de Louvigrs. Le plus jeune mourut, n'étant encore âgé que de treize ans (1.

Deux des filles de M. de Louvigny se marièrent, l'une à 4. de Saint-Michel, chevalier des ordres du Roi, l'autre à M. dé Montfort. Les deux autres se firent religieuses, la plus âgée chez les Bénédictines de la Trinité de Caen, l’autre dans le monsstère des Ursulines qu’elle fonda.

Henri de Bernières naquit à Caen vers 1635 (2). On connait déjà le nom de son père, Pierre de Bernières, baron d’Acqueville, et celui de sa mère, Madeleine Le Breton.

Le baron de Louvigny et d'Acqueville, chef de la famille, étant mort en 1633, son fils, Pierre de Bernières, lui succéda dans les fonctions de trésorier de France. Cette charge parait avoir été, pour ainsi dire, héréditaire dans la famille. Lorsque Pierre de Bernières mourut, en 16%% (3), victime de son dévouement héroïque, comme nous {e verrons tout à l'heure, on supplia son frère, Jean de Bernières-Louvigny, fondateur de l'Ermitage, d'en exercer les fonctions, en attendant que l’ainé de ses neveux, encore tous mineurs, eut atteint l’âge de majorité. Le pieux gentilhomme accepta, malgré son ardent amour de la retraite et de la vie ‘achée, uniquement dans le but de rendre service à sa belle-sœur et à sa famille : ce qui prouve que chez lui la vertu n'avait rien de ‘apricieux, ni d’égoiste.

Les affaires embrouillées de la succession de son frère lui causèrent mille ennuis : il eut sur les bras plusieurs procès, fut obligé d'entreprendre de longs et fréquents voyages; mais il déploya au milieu de toutes ces contrariétés une patience admirable, Ce ne

(1) Il y a plusieurs traits analogiques entre la famille de Msr de Laval et celle de M. de Bernières. Le premier évêque de Québec eut deux frères qui moururent sur les champs de bataille, l’un à Fribourg, l’autre à Nordlingen. (Histoire généalogique et chronologique des pairs de France, par le P. Anselme). Il perdit un troisième frère à la fleur de l’âge, le jeune Hugues de Laval, qui mourut à Laigle le 3 septembre 1642, âgé de onze ans. (Archives de la commune de Montigny-sur-Avre).

(2) IL avait 48 ans en 1683, d’après le « Plan général de l’estat présent des missions du Canada, » préparé par les soins de Mer de Laval et de l’Intendant, et publié dans //Abeille du Petit Séminaire de Québec, vol. I, n° 18,

(3) La même année que le frère aîné de Ms de Laval, qui succomba à la bataille de Fribourg, le 3 août.

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