B8 HENRI DE COLIGNY
de généreuses paroles prononcées par la victime de l'attentat, en réponse aux aveux faits et aux excuses présentées par le coupable, dire à Saint-Phal : « Qu'il devoit avoir eu » honte de se prendre à un vieulx chevallier, luy jeune » homme sans expérience, à ung gentilhomme qui s'estoit » trouvé avec des marques signalées en plusieurs combats » et en quatre batailles, qui avoit bien mérité de son ser- » vice, et ayant des premiers commandemens en la » province, qui luy avoit néantmoins présenté les voyes » d'honneur; qu'il pardonnoità sa jeunesse, et cela, à la » supplication de M. Duplessis (Mornay) ; et que, si à » luy ou à aultre avenoit un pareil cas, qu'il en feroit » désormais punition exemplaire * . »
Henri de Goligny, à l'issue de la scène émouvante dont il avait été témoin au Louvre, se retrouvant auprès de sa mère et de sa tante, s'associa aux préoccupations que venait de faire naître, à des degrés divers, dans l'esprit de chacune d'elles, une lettre récemment écrite par les états généraux des Provinces-Unies à la princesse d'Orange. Cette lettre portait* :
« Madame, nous envoyons présentement en France le » sieur Doublet, pour, avec la préalable permission du roy, » laquelle avons enchargé au sieur d'Aersens d'impétrer de » Sa Majesté, illec faire levée de cavalerie et infanterie » françoise, dont leur avons commandé de en faire particu- » lièrement ouverture à Vostre Excellence ; et comme, pour » Teffectuation de ceste charge, ils auront besoin de votre » bonne direction, nous prions bien fort qu'il plaise à Vostre » Excellence les y assister et favoriser, de la part où il con- » viendra, de vostre bon conseil et ad vis, afin que ladite » levée se puisse faire avec la .plus grande diligence qu'il
1. Mémoires de i(/»"« de Mornay ^ édit. de 1824, 1. 1, p. 341.