‹ Henri de Coligny, seigneur de ChastillonChapitre 41 sur 61 · Vol. III, p · texte numérisé non relu

Vol. III, p

2. Lettre du confite Jean-Ernest au comte Jean de Nassau , du 20 juin i 601 (ap. Grden van Prinsterer, Corresp,^ 2« série, t.. II, p. 94). Il disait : <c Monseigneur mon père grand, je vous ay fait savoir comme Son Ex- » celleace avoit assiégé la ville deRbinbeck. L'ennemi depuis a fait trois » ou quatre sorties du costé où sont logés le comte de Solms et le comte p Ernest, mon oncle, estant fort, à chaque fois, de huit ou douze cents » hommes. Â la première sortie, futhlessé M. de Chastillon^ colonel du

Lapise, en quelques mots significatifs, rend un juste hommage à la belle conduite de Ghastillon et à celle de son infanterie, dans cette circonstance : « Les assiégeans, » dit-il *, ne quittèrent jamais leurs postes; et, en trois sor- )> ties consécutives, les gardes des lieux les plus chauds se ') trouvèrent échues à nos François. Là fut blessé le sei- » gneur de Ghastillon, digne petit-fils de ce grand admirai » de France, et les siens ne manquèrent pas de rendre des » témoignages de la générosité de leur nation. »

Rynberck se rendit à Maurice,

Henri IV, qui s'intéressait vivement aux opérations de ce prince, écrivit alors au connétable de France " :

« Je vous mandois par ma dernière comme nous estions )) en grande expectative dessus deux sièges qui se font en » Flandres. Nous sommes maintenant éclairés de celui de » Ramberguea (Rynberck) que le prince Maurice a prins )> par composition; et est à présumer que celui d'Ostendé, » que fait l'archiduc, luy en deviendra plus difficile et in- » certain, et que ledict prince Maurice y amènera tout ce » qu'il avoit devant ledict Rambergues, ou qu'il assiégera » quelque aultre place, pour faire une diversion; n'estant » pas ceulx de ladite ville d'Ostende fort pressez, parce qu'ils » tiennent encore tout le dehors, et y peuvent mettre tant » de gens qu'il leur plaira, la royne d'Angleterre y ayant » envoyé, de sa part, trois mille Anglois. »

Heureux d'avoir, par sa ferme attitude devant Rynberck contribué à la reddition de cette place, Ghastillon ne se préoccupa que médiocrement de sa blessure.

« régiment françois... Nous espérons, parla grâce de Dieu, d'avoir la ville » enbref. »— Voir aussi, sur la part brillante que Ghastillon prit à Taflaire de Rynberck, Wagenaar, Vaderlansche historien. Amsterdam, 1752. vol. IX, p. 105.

i.-Lapise, Histoire des princes et de la principauté eTOrange, p. 694, 2. Lettres missives de Henri /F, t. V, p. 460, 13 aoAt 1601.

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A peine en fut-il guéri, qu'il prit part à quelques opéra tions secondaires, dirigées par Maurice de Nassau, en vue d'une concentration d'efforts destinés à assurer la défense d'Ostende, qu'assiégeait l'armée espagnole^; après quoi, Maurice, qui, de jour en jour, appréciait davantage le mérite du jeune colonel de l'infanterie française, lui accorda, sur sa demande, et de concert avec les états généraux, une insigne faveur : celle d'introduire un renfort dans la ville assiégée, et de participer à sa défense.

Ghastillon, qu'une telle mission honorait à un haut degré, ne tarda pas à s'en acquitter avec un plein succès, qui en faisfidt présager d'autres encore ; car, que ne pouvait-on pas attendre de ses remarquables aptitudes militaires et de son énergie?

Divers détails intéressants se rattachent, ici, à ses rapports directs avec Maurice de Nassau, avec les états généraux des Provinces-Unies, peu avant son départ pour Ostende, et à sa marche vers cette ville.

Et d'abord, quant à l'autorisation, demandée à Maurice par Ghastillon, de pénétrer dans Ostende et de concourir à sa défense, voici le témoignage, non suspect, d'un officier espagnol ' :

« Il est à considérer que le sieur de Ghastillon, person-

1. A quelque temps de là, certains assiégés, amis de plaisanteries, d'un goût plus que douteux, crurent ne pouvoir mieux prouver leur attachement à Guillaume de Nassau et le dédain que leur inspiraient les Espagnols, qu'en narguant ceux-ci et leur chef par la dissémination dans le camp de Tarchiduc, du pasquil suivant :

« Je, Ostende, Ostendo que ne sols point papaa.

» Toy, Ostende, Ostendis que ta es pour Nassau.

y> Geste Ostende, Ostendil son très constant visage.

» Nous Ostendois, Ostendimus qu'avons très bon courage. »

(Haestens, La nouvelle Troye, etc., p. 191.)

2. Bonours, auteur d'une relation du siège d'Ostende, dont il sera parlé ci-après.

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» nage de qualité relevée, en âge vif, remuant et actif, » d'une nature peu accoutumée à craindre son ennemi, eût » acheté la gloire d'une semblable action, au prix de mille » vies. 11 avoit, à tout reste, sollicité le comte Maurice pour » estre envoyé en Ostende. »

En outre, on lit dans le recueil des Bésolutions des états généraux^ :

Séance du 15 août 1601. — « Devant Dordrecht sont ar- » rivés de l'armée deux mille soldats, qui partiront demain » pour Ostende, et qui, en Zélande, seront pourvus de na- » vires pour être immédiatement transportés.

» Sur la demande du seigneur de Ghastillon, tendant à » ce qu'il lui soit permis de se rendre à Ostende avec les » deux mille soldats dont il s'agit, à titre de leur comman* » dant, sous les ordres du général Veer ', il est résolu qu'on » lui répondra : qu'on ne Tauroit pas employé pour cette » opération, s'il ne s'estoit pas présenté pour en faire la de- » mande; mais que les seigneurs estats, ayant égard à ses » instans désirs, n'ont pas voulu lui refuser cet honneur,

» A ces causes, ils donnent leur plein consentement à ce » qu'il parte pour Ostende avec lesdites troupes, à la charge )» par lui de les commander et employer conformément aux )f ordres que lui donnera le général Veer. 11 sera tenu de » sortir de ladite ville, seul, ou à la tête desdites troupes,

i. Archives générales du royaume de Hollande.

2. « Le prince Maurice ayant eu advis du siège d'Ostende, Son Excel- » lence (Maurice de NassauJ y envoya aussitôt, le 9 juillet 1601, de son » camp, le général et chef des Anglois, le sieur François Veer, avec » douze enseignes de sa nation, et le colonel Uchtenbrouck, avec sept » enseignes de soldats des Pays-Bas, et quelques autres, jusques à trente- » quatre enseignes, lesquels arrivèrent tous ensemble, et entrèrent dans » la ville, le 15 juillet. — Les assiégez attendoient aussi, journellement, » d'Angleterre quatre mille Anglois, il en arriva quinzecents, le 23 juil- » let. » (H. Haestens, La Nouvelle Troye, ou mémorable hhtoire du siège (TOstende, p. 104.)

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» sur rinjonction que jugeroient à propos de lui notifier » messieurs les estats, Son Excellence, ou les conseillers » d'Ëstat. »

De son côté, Antoine Duyck, dans son Journal ^ fournit, sur le point dont il est question, en ce moment, quelques détails complémentaires : . '

« Le 13 (15) août, écrit-il. Son Excellence (Maurice de » Nassau) donna ordre à deux mille hommes de partir, et » trouva bon qu'ils se missent en marche, sous lecomman- » dément du seigneur de Ghastillon, qui avoit un extrême » désir de pénétrer dans Ostende. On choisit six compa- » gnies de François, quatre de Frisons, cinq d'Allemands, » quatre d'Ecossois et quatre de Wallons. Le seigneur de » Ghastillon ayant massé ses troupes devant Dordrecht, et » les y ayant fait embarquer, les laissa momentanément, » pour se rendre à La Haye, auprès des estats généraux, » dont il devoit prendre les ordres ^

» Le soir de ce jour (15 août) le seigneur de Ghastillon partit de La Haye pour rejoindre ses troupes et se diriger, avec elles, vers Ostende '.

» Le 16 août, il partit de Dordrecht pour la Zélande *.

» Ge jour (22 août), le seigneur de Ghastillou et ses » vingt-trois compagnies arrivèrent devant Blankenberghe^

» Le 23 août, le seigneur de Ghastillon et ses troupes » arrivèrent devant Ostende ^

1. Journal van Anthonis Duyck, advokaat fiskaal van den Raad van State, 1601-1602. Uitzegeven op last van het Département van Oorlog, met inleiding en Aantuberingcn door Loduvigh Mulder. — 'sGravenhage, 1866, 3vol.in-4o.

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