Bibl. nat., mss. f. fr., vol
» nestes gens de deçà. II ayoit icy tout plein de bons » amis. »
Il en avait bien plus encore en France. Tous, dans l'élan du cœur, confondirent leurs larmes avec les larmes de ses parents.
Mais, à la seule pensée de celles que répandit sa mère, de quelle émotion n'est-on pas saisi I Et alors, comment ne pas obéir au devoir d'un pieux recueillement, en présence de telles larmes I
La douleur d'une mère se sent, mais ne peut jamais se décrire : aussi nous arrêtons-nous devant celle de l'infortunée Marguerite d'Ailly, en demeurant dans le silence d'une respectueuse sympathie.
A son immense deuil s'associèrent, avec toutes les délicatesses de cœurs profondément aimants et dévoués, les mères de jeunes seigneurs qui avaient connu et chéri son fils , telles surtout que la princesse d'Orange , et que M"" de Mornay et de Rohan.
Henri IV partagea Témotion générale que causa la mort de son filleul, sur lequel avaient reposé tant d'espérances :
« Le roi, rapporte P. de L'Estoile, dans on journal, sous » la date du 16 septembre 1601 \ arriva de Galais à Paris » et à Fontainebleau. Ce fut Sa Majesté même qui, le pre- » mier, dit avec regret les nouvelles de la mort de M. de » Chastillon, tué d'un coup de canon qui luy avait emporté la » teste, sur le rempart d'Ostende, ainsi qu'il estoit allé » considérer quel chemin il feroit tenir à six mille hommes, » divisés en deux bandes avec lesquelles il devoit aller » emporter les tranchées de l'ennemi; ce qu'il eut infailli- » blement exécuté, selon toutes les apparences humaines, » sans ce coup de boulet. Ce jeune seigneur, âgé de dix-