G. de Bonours, loc. cit., p
i06 HENRI DE COtIGNY.
» tins, après avoir embaumé le corps, pour le rendre ca- » pable d'être transporté à la sépulture de ses ancestres, » l'estime qu'en faisaient les estats quand il vivoil. Geste
» perte certes leur cuisit, pour respects importans Ils
»' déféroient force respect à ce jeune seigneur.
» Le comte Maurice qui l'aimoit, et pour ses belles » qualités et pour estre son allié », éprouva, à sa mort, des regrets que partagea la nombreuse famille des Nassau.
Un des membres de celle-ci, le comte Jean-Ernest, écrivit, d'Ostende niême, au comte Jean, le 14 septembre 1601 * : a M. de Ghastillon a esté tué, ces jours passez, ici, d'un » coup de canon '. Tout le monde en est très marry, à )t cause qu'il estoit très brave seigneur. »
Ce même seigneur n'était pas moins généreux et désintéressé que brave. Il l'avait prouvé en maintes conjonctures, notamment quand il s'était agi pour lui, en Hollande, d'améliorer la position dés troupes placées sous son commandement. Maurice de Nassau, informé des avances qu'il avait faites, à cet égard, et dont il se trouvait encore à dé-
i. Groen van Prinsterer, Corresp.^ 3® série, t. II, p. 105.
2. De même que Ghastillon, c'était aussi à un siège que, quatrevingt-Qeuf ans auparavant, avait été frappé à mort un membre de sa famille, duquel nous avons dit ailleurs (Voy. Gaspard de Cotigny, amiral de FrancCy 1. 1®', p. 10) ce qui suit : — Jacques de Goligny, après avoir, en 1510 et 1511, prêté au duc de Ferrare un utile concours, et soutenu la cause française en Toscane, se trouvait avec les troupes commandées par Gaston de Foix sous les murs de Ravenne, en avril 1512, lorsque dans le terrible assaut livré à cette ville le 9 du même mois, il fut grièvement blessé. On le transporta à Ferrare, où, malgré les soins empressés qui l'entourèrent, il mourut laissant après lui d'unanimes regrets, — ^Voir sur ce point : Chron, de Bayard^ par le loyal serviteur, chap. LII ; ^ Belleforest, Annales, t. II, f^ 1391, sur Tannée 1512; — Guicciardini, Stor. liv. X; — Mém, de Fleurange^ chap. XXIX ^-^ — Brantôme, édit.- L. Lai, t. II, p. 421, 422, 423.
couvert, au moment de sa mort (10 septembre 1601), se fit un devoir d'adresser, dès le 14 du même mois, aux états généraux des Provinces-Unies les lignes suivantes * :
« Nobles et puissans seigneurs, mes bons amis spéciaux, » le porteur des présentes, majordome du feu seigneur de » Ghastillon, m'a donné à entendre que ledit seigneur a » laissé certaines dettes contractées par luy pour Taugmen- » tation de sa compagnie et l'amélioration de son régiment, » nous priant de vouloir bien recommander l'affaire auprès » de vous, afin que la solde dudit feu colonel soit encore » payée à qui de droit, pendant un certain temps, afin que » les susdites dettes puissent être acquittées; et, comme » il nous a démontré que cet espace de temps sera court, » que les dettes dont il s'agit ont été contractées unique- » ment dans l'intérêt dé Testât, sans que ledit seigneur de » Ghastillon ait pu en tirer le moindre avantage, pendant » la durée , d'ailleurs assez brève , de ses fonctions de w colonel, nous vous prions amicalement de prendre en )) considération nostre intercession et d'accueillir favorable- » ment la présente demande. »
Les états généraux ne pouvaient manquer de faire immédiatement droit à une telle réclamation, car ils connaissaient parfaitement l'étendue des services que Ghastillon .avait rendus aux Provinces-Unies qu'ils représentaient.
De son côté, l'ambassadeur de France, en résidence à La Haye, de Buzaiival mandait à de La Boderie ' ; « J'ay » regretté fort le pauvre M. de Ghastillon, plus que je ne j> sçauroîs dire; et non moy seul, mais tous les hon-
i. Reg. des Résolutions des états généraux des Provinces-Unies à la date du 17 septembre 1601. (Archives générales du royaume de Hollande.)