‹ Henri de Coligny, seigneur de ChastillonChapitre 7 sur 61 · CHAPITRE H · texte numérisé non relu

CHAPITRE H

Henri IV transmet à Henri de Coligny « tous les estats qu*avoit son père ». — Lettre de M^^ de Chastillon au roi. — Provisions des charges d'amiral de Guyenne et de gouverneur de Montpellier accordées à Henri de Coligny. — Lettres du roi h Damville. — Démarches de M^^ de Chastillon pour sauvegarder le patrimoine de ses enfants. — Ses lettres à un haut dignitaire et à la duchesse de Nevers.

A la mort de François de Chastillon coulèrent bien des larmes. Le roi lui-même pleura, car il sentit toute l'étendue de la perte qu'il subissait en la personne de l'un de ses plus constants serviteurs.

Il fit preuve tout à la fois de sympathie et de générosité, vis-à-vis de Marguerite d'Ailly, en lui faisant immédiatement parvenir l'assurance qu'il s'associait à son immense deuil; et qu'il ne pouvait, ni mieux honorer la mémoire de son mari, ni manifester plus positivement sa confiance dans la direction qu'elle et lui avaient imprimée à l'éducation de Henri de Coligny, son filleul, qu'en transmettant à cet enfant « tous les estats qu'avoit son père ».

Plus le rôle de la mère chrétienne grandit dans le veuvage, alors que la double protection qui naguère s'étendait sur ses enfants ne doit plus, en se transformant, émaner désormais que d'elle seule, plus elle est touchée des sérieux témoignages d'intérêt par lesquels de nobles cœurs cherchent à alléger le poids de son isolement *. Or, Marguerite d'Ailly, comme mère, savait se tenir à la hauteur de ses devoirs, en s'appliquant à faire revivre dans l'âme de ses enfants les sentiments élevés qui avaient constamment îns-

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