‹ Henri de Coligny, seigneur de ChastillonChapitre 8 sur 61 · Voir Appendice f n · texte numérisé non relu

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10 HENRI DE GOLIGNY.

pire leur père et elle-même; comme femme, elle savait se montrer reconnaissante.

La dignité de son langage répondait à celle de son caractère. Les lignes suivantes portent l'empreinte de Tune et de Tautre.

« Sire, écrivait-elle, du château de Châtillon, au roi, le » 7 novembre 1591 *, puisqu'il a pieu à Vostre Majesté, ayant » pitié de ceste désolée famille, l'avoir consolée par vostre » bonté et libéralité, confirmant à mon fils les bienfaits dont » elle avoit honoré feu M. de Ghastillon, je tiens ceste obli- » gation si grande, qu'après le service de Dieu, je ne me )) veux rendre capable d'autre plus grande félicité, que de » pouvoir nourrir et instruire mes enfans au debvoir qu'ils » vous ont, et principalement Tayné, qui pourra, dans trois » ou quatre ans, commencer d'estre auprès de Vostre Ma- )> jesté. C'est maintenant le but de tous mes désirs, et la » prière que je fais à Dieu, qu'il luy plaise bénir mon labeur, » en sa nourriture, afin qu'il puisse imiter la vertu de son » père, et demeurer aux pieds de Vostre Majesté, luy rendant » la très humble obéissance qu'un fidèle subject doibt à son » roy.

)) J'ay tant d'occasions de remercier Vostre Majesté, que » je ne sçay par oii je doibs commencer pour luy en rendre » grâces ; et mesmes de ce qu'il luy a pieu continuer la » garnison de ce lieu et pourveoir par ce moyen à la seureté » de ma vie et de mon fils. C'est pourquoy je vous suplyerai » très humblement, sire, de commander que les assigna- » tions qui seront données pour l'entretenement de ladite » garnison soyent certaines, affin que j'y puisse vivre avec » quelque repos, et vouloir trouver bon que le sieur de » PifTons soit pourveu de la commission pour commander à

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