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Henri de Régnier et son oeuvre

La marine, il y a vingt-cinq ans, était à peine connue en France, si ce n''est dans les villes du littoral, où Pon déplorait son état de dépérissement. La brillante époque de l'empire, qui venait de s'éteindre, avait concentré d'aune manière pour ainsi dire exclusive, raiteniioo et les sympathies du pays sur la marche victorieuse de nos légions. C'est tout au plus si, accidentellement, on se préoccupait des succès héroïques ou des glorieux revers de nos marins.

Mais un illustre romancier s''élant un jour avisé de présenter, dans ses ouvrages, le côté poéiiqiie et saisissant de la navijiatiori, chacun voulut connaître la réalité d'oeil étaient issues tant de merveilles, et bientôt la marine, éveillant l'enthousiasme national» se trouva popularisée. Telle est la puissance des talents supérieurs, qu'ils finissent, sans qu'on y prenne garde en quelque sorte, par changer les goûts et les préférences du public.

En même temps, il est vrai, le commerce et Tindustrie, qu'avaient paralysés vingt années de guerre, se fortifiaient de jour en jour et s'élançaient, pour s'enrichir, au delà des mers; en même temps aussi, la marine militaire et nos colonies renaissantes, favorisées par l'opinion, appelaient la sollicitude du pouvoir; et, de son côté, la marine marchande, florissant au soleil de la paix, multipliait de toutes parts ses armements. Enfin, et comme un complément nécessaire du progrès, lu loi du recrutement faisait participer au service de la Hotte les jeuiifs

2 HISTOIRE GENEKALE Ulî LA MARINE.

Français qui, jusqu'ici, eussent formé le contingent de Parmée de terre, et ceux-là, une fois rentrés au sein de la famille, y redisaient à Tenvi leurs campagnes périlleuses entre le ciel ei Teau, les traditions ignorées de nos fastes maritimes. Il fallait donc, dans toutes les positions hiérarchiques, dans toutes les régions de la société, que chacun s'occupât, bon gré mal gré, des intérêts de notre puissance navale. C'est en effet ce qui arriva.

Dès lors la marine française acquit une prépondérance qui ne fit que s'accroître par l'intervention de nos bâtiments de guerre pour l'indépendance de la Grèce ; par la victoire de Navarin , la conquête de l'Algérie, et, plus récemment encore, par la brillante affaire de Saint- Jean-d'Ulloa, le bombardement de Tanger, la prise de Mogador, enfin par la présence au milieu de nos braves amiraux, d'un fils du roi des Français, d'un jeune prince qui s'est toujours montré aussi bon marin qu'habile officier.

Il faut bien le dire, puisqu'on a paru souvent l'oublier, la France, dans sa position géographique, est un pays véritablement maritime : maritime par ses trois cents lieiies de côtes, que baignent les flots de l'Océan et de la Méditerranée ; maritime par le caractère aventureux et hardi de sa population du littoral ; maritime par les exigences de son négoce international et de ses intérêts coloniaux ; maritime enfin par le besoin de protéger ses ports de mer, de défendre ses grands arsenaux.

Dans de pareilles conditions, morales et politiques, le public ne saurait manquer d'accueillir avec faveur V Histoire générale de la marine de France et de toics les pat/s, comprenant les navigations lointaines, les découvertes, les grandes pêches, les colonisations, les naufrages célèbres, les guerres navales, la biographie des navigateurs et des marins illustres, des corsaires, pirates, forbans, boucaniers, négriers, etc. etc. ; surtout quand les éditeurs de cet important ouvrage offrent, comme garantie d'un travail consciencieux, le concours éclairé d'officiers de la marine royale et de capitaines du commerce, sous la direction littéraire d'un écrivain qui a lui-même navigué, qui a rédigé une pubhcation spéciale, et dont les relations au ministère de la marine, où il est encore attaché, lui ont permis de compléter l'insuffisance des recherches ou des souvenirs de ses collaborateurs.

Notre Histoire générale de la marine^ la seule œuvre d'ensemble

que jusqu'à ce jour on ait osé entreprendre sur la matière, embrassera donc dans son cadre tout ce que la navigation peut offrir d'utile et d'attrayant, présenté avec une scrupuleuse exactitude, dans un langage à la fois clair et précis, à la portée des gens du monde , et relevé par un heureux choix des expressions qu'a naturalisées notre littérature maritime ; mais dégagé du charlatanisme d'une technologie qui ne serait comprise que des marins de profession.

Là marine !... Ce mot, à lui seul, résume toutes les émotions d'un drame gigantesque, dont les péripéties sont des tempêtes, des nau-» frages, des combats sanglants... ; dont les acteurs au teint bruni, hommes de résolution, de courage et de dévouement, sont toujours en présence du danger...; dont le théâtre est un navire, c'est-à-dire une planche étroite jetée sur les abîmes de l'Océan... ; dont les décorations, qui changent incessamment, sont, aujourd'hui, des banquises et des neiges éternelles sous un ciel nébuleux ; — demain, la nature luxuriante des tropiques colorée par l'éclat radieux d'un soleil brûlant.

La mer !... quel imposant spectacle par ses caprices et son immensité! quelle harmonie sauvage et grandiose!... Dans un temps calme, au souflle modéré du vent, les vagues se balancent et creusent de mobiles sillons; sont-elles fouettées par la tempête? elles se dressent furieuses, se couronnent d'une écume bouillonnante et brisent avec fracas contre la falaise escarpée, ou s'en vont expirer sur la plage que tapisse un sable uni et doré. Le vent fléchit! l'agitation de la mer continue, mais ses ondulations ne sont plus écumeuses; la houle succède aux emportements des lames, la rancune à la colère...

Et si le regard se promène au delà du rivage, il aperçoit bien loin, se découpant à l'horizon, les silhouettes de barques légères, à la voilure blanche comme les ailes d'un goëland, qui vont, qui viennent, se croisent en sens divers; et plus près, de ci, de là, partout, au mouillage, un grand nombre de bâtiments de formes et de dimensions différentes : c'est la rade... Voici venir une flottille nombreuse, un convoi de navires du commerce sous l'escorte d'un bâtiment de guerre. En deçà, au premier plan, une formidable escadre avec ses vingt-sept vaisseaux est tranquillement embossée. Au corps de bataille, en serre-file, est l'amiral, son pavillon carré au grand mât; à droite, en avant-garde, (e vice-amiral portant ses couleurs au mât de misaine ; de l'autre côté,

en arrière-garde, le contre-amiral, arborant sa marque dislinctive au mât (l^artimon. En avant sont les vaisseaux alignés en pelotons ; sur les flancs, les frégates et les corvettes ; sur tous les points les avisos, véritables ofticiers d'ordonnance de Tarmée navale, voltigeant qui çà qui là pour vérifier Texécution des commandements que transmet la télégraphie aux mille couleurs. En un clin d'œil l'escadre est sous voiles, évoluant avec une promptitude et un ensemble admirables. Elle se déploie d'abord en une seule ligne, l'amiral au centre, et les deux autres divisions à droite et à gauche, en ailes immenses; puis, voguant par colonnes, elle présente, selon le signal de l'amiral, ou un front de trois vaisseaux sur une profondeur de neuf, ou elle oppose sur trois rangs une face de neuf vaisseaux... Quelle étonnante précision!...

Ce qui n'est pas moins curieux à voir, c'est un port de commerce avec son peuple d'ouvriers et de matelots ç avec ses navires en construction , ses navires armés ou désarmés , ses navires aux riches cargaisons, les uns en partance, les autres en déchargement. Cette activité, cette agitation, cette foule empressée, ce tumulte, l'air salin de la mer apporté par la brise du large, le cri des mouettes qui voltigent, la fumée du goudron qui se répand au loin..., tout cela, — la première fois, -—vous surprend, vous étourdit, vous enchante!...

Mais dans un grand arsenal maritime l'étonnement redouble. Là, les bâtiments de haut bord, ces géants de l'empire des eaux, font paraître bien petits les navires du commerce. Là, ouvriers, marins, circulent par centaines et travaillent avec méthode, sous la règle d'une discipline sévère. Ici, sur une cale de construction, s'élève la membrure colossale d'un vaisseau à trois ponts ; plus loin, une gracieuse frégate aux formes sveltes, aux contours élégants, semble impatiente d'aller prendre sa place sur le liquide élément ; là-bas, une corvette, virée en carène, présente le flanc aux maillets étourdissants des calfats. Plus loin, s'ouvre le bassin de radoub pour recevoir un vapeur qui rentre avec des avaries. De toutes parts les chantiers et ateliers, — la corderie, l'avironnerie, la poulierie, les forges, la serrurerie, la clouterie, la chaudronnerie, la machinerie, — préparent, confectionnent, réparent les pièces de construction ou d'armement. Voici le parc aux canons, qui fournirait l'artillerie d'une flotte entière; voilà le parc au bois, qui bâtirait cinquante vaisseaux j puis le parc au lest, qui leur

idonnerait la stabilité ; le parc aux ancres, qui leur trouverait un point d"'appui au fond des rades.

Mais un vaisseau armé!... c'est une citadelle flottante avec sa garnison de mille à douze cents hommes, répartie à ditïérents étages depuis les profondeurs de la cale jusqu^au sommet des mâts... Quel ordre! quelle harmonie en toutes choses! Tout est prévu, tout est réglé. Chacun obéit sans iiésilation au chef supérieur qui transmet son commandement partout et à lous avec une rapidité surprenante, même au sein de la tempête... D^un coup de sifflet les marins sont debout et leurs lits ont disparu. D'un coup de sifflet tout est rétabli comme auparavant. Le vaisseau est à Tancre; il faut appareiller. Tout le monde est sur le pont, chacun à son poste : les gabiers grimpent dans les hunes et sur les vergues, les matelots sautent aux manœuvres courantes et aux cabestans; un coup de sifflet, et les voiles se détachent et se hissent ; le limonier qui est à la barre leur fait prendre le vent. En même temps les cabestans tournent, Tancre dérappe, elle est levée; le vaisseau s'incline légèrement et trace un blanc sillage; sa marche s'accélère, il est en route.

Dès lors la grande bordée s'organise. La moitié de l'équipage [)rend six heures de repos, pendant que l'autre moitié fait le quart, c'est-à-dire le service du bord. Si la navigation est heureuse, cet état de choses se maintient durant la traversée ; s'il survient un accident, la vigilance des chefs redouble : on donne le signal et l'équipage tout entier est sur pied. Si l'on rencontre en mer un ennemi, le commandant ordonne le branlebas de combat. Aussitôt les officiers sont postés dans les batteries, les hommes placés pour le service des pièces; la mèche allumée est plantée dans la baille de combat, les mousses et les cambusiers sont aux panneaux pour le passage des poudres; le chirurgien est à l'infirmerie dans l'entre-pont, pour y attendre les blessés; le commissaire se tient prêt à dresser les actes de décès, les testaments : il est à la fois notaire et officierde l'état civil.

Les matelots s'arment de pistolets, de sabres et de haches. Les filets et les grappins d'abordage sont prêts à fonctionner. Le signal est donné; si le vaisseau ouvre le feu de ses batteries de tribord, il se retourne pour lâcher sa bordée de bâbord, tandis que l'on recharge les pièces qui viennent de tirer. Mais les deux ennemis se rapprochent ;

ils se saisissent bord à bord ; ils sont aux prises ; Tartillerie est impuissante; mais la fusillade est partout, les grenades tombent en pluie de feu du haut des hunes et des vergues sur le pont adverse. Ce n'est pas assez, les grappins sont lancés et s'accrochent de toutes paris : A Tabordage! les combattante s'élancent les uns sur les autres; le carnage est à son comble.,. Celui qui a le désavantage amène son pavillon ; il est amariné ; Thumanilé reprend ses droits. Vainqueur ou vaincu, le vaisseau répare ensuite ses avaries et se remet en route.

Mais le danger pour lui n'est pas fini : le vent s'élève, un grain s'annonce, il va tomber à bord ; les voiles sont rapidement carguées et serrées; le vaisseau à la cape fuit devant la bourrasque, heureux de n'être pas désemparé. Cependant les éléments s'apaisent ; mais dans sa course précipitée le vaisseau a fait fausse route ; il se trouve au milieu des écueils. Il talonne. L'eau pénètre dans la cale; les pompes sont bientôt impuissantes : plus d'espoir de salut... C'est dans ce moment suprême que le commandant a besoin de tout son sang-froid, de toute l'énergie de son caractère; car devant la mort, la désobéissance pourrait commencer. Cependant les chaloupes sont mises à la mor et chacun veut s'y précipiter. Le vaisseau, dont la mâture a été abattue, s'est couché sur. le récif; il se rempHt.et va disparaître sous les flots. On rassemble à la hâte les vergues, les mâts de rechange, toutes les pièces de bois disponibles, pour improviser un radeau. Quelques barriques de vin, quelques barils de biscuit, de farine et de salaison y sont jetés précipitamment. Le commandement de ce fragile appareil, où se réfugie l'espoir du marin, est confié au lieutenant du bord. Chaque chaloupe a pour chef un officier. Enfin le vaisseau s'engloutit à jamais. Alors le commandant, qui a présidé au sauvetage de ses matelots, prend place le dernier dans la chaloupe qui doit diriger le sinistre convoi. La terre est loin encore : les vivres sont distribués avec une sage parcimonie. Le mécontentement, la mutinerie se manifestent d'abord par des murmures; bientôt la révolte éclate; les embarcations chavirent... Sauve qui peut!... les survivants souffrent les angoisses de la faim et surtout les tortures de la soif. L'autorité des chefs est méconnue ; la raison s'égare... il n'y a plus que des bêtes féroces...

Et le soir du dernier jour, passe là un navire qui écrit sur son journal (le bord cette page déchirante : « C'était un radeau formé par des inâis

« de hune, une grand\ergiie et quelques espars. Quatre cadavres s'y « trouvaient, trois groupés ensemble à une exîrémité du radeau, et un <( noir étendu sur le dos, vers le centre. Un chien seul vivait encore, « mais il n'eut pas la force de se lever, et mourut quelques instants « après. La position du nègre sur le radeau, le couteau qu'il tenait « encore dans ses doigts coupés, les morsures dont il était couvert, « indiquaient qu'une lutte provoquée par la faim avait ensanglanté ces « débris. » Le pinceau de Durand-Brager a trouvé là une belle et terrible inspiration.

L'aperçu qui précède donnerait une idée bien incomplète de l'existence accidentée de l'homme de mer, des fatigues sans nombre, des privations, des périls de toute espèce auxquels il est sans cesse exposé. Notre Histoire générale de la marine sera le développement des faits et des circonstances qui mé'ritenrt de fixer l'attention.

Avant de parvenir au vrai, en ce qui concerne les voyages et découvertes, il a fallu passer parles Iransforniations du faux. Ainsi, on voit d'abord la reine Sémiramis, qui" remonte l'Indus pour C^onquérir les Indes; plus tard, Ptolémée Philadelphe, qui envoie en Orient Mégasihène et Denys; mais il ne reste de ces deux expéditions que des récits fabuleux, par conséquent dépourvus d'intérêt.

Deux siècles après, lorsque les Iles-Britanniques sont devenues des colonies gauloises, et Venise la reine de la Méditerranée, apparaît un intrépide navigateur marseillais,. Pythéas. Jusqu'à lui , la navigation était un' simple cabotage qui, sans perdre la côte de vue, ne sortait jamais de la Méditerranée. Pythéas, le premier, ose franchir les Colonnes d'Hercule, c'est-à-dire le détroit de Gibraltar; longeant les côtes de Tlbérie et celles de la Gaule, il double les caps si redoutés de l'Armorique, brave les tempêtes de la Manche, franchit le Pas-de- Calais, longe la côte orientale de l'Angleterre, puis, sans autre secours que son heureuse audace, il se hasarde en pleine mer, et parvient sur les côtes de la Teutonie, de la Scandinavie, puis enfin, jusque dans la Baltique, après avoir franchi le Sund. De cette époque date la prospérité commerciale de Marseille.

Il y a loin de ce pilotage routinier à la navigation savante née de la découverte de la boussole, des progrès de l'astronomie, de l'invention des cartes marines. Grâce à cette triple conquête de l'intelligence,

Christophe Colomb dote le vieux continent (Pun monde nouveau ; Vasco de Gama, en doublant le cap de Bonne-Espérance, ouvre à l'Europe la voie des Indes par TOcéan.

Toutefois, ces deux grands hommes n'ont pas obtenu, au même degré, les témoignages de reconnaissance que méritait leur génie. Le premier, qui s'était confié à la probité d'un roi, Jean II de Portugal, apprend avec indignation que ce prince déloyal a envoyé une caravelle pour lui voler sa découverte. Colomb n'a pas moins à se plaindre de l'ingratitude de Ferdinand V et d'Isabelle de Castille, qui, le voyant réussir au delà de toutes les espérances, reviennent sur les brillantes promesses qu'ils lui ont faites!... Gama est plus heureux : son retour en Portugal est célébré par des fêtes publiques, le roi Emmanuel le comble de faveurs, et Camoëns le chante dans sa Luisiade!,..

Quoi qu'il en soit, les Génois, les Catalans, les Anglais, les Français et surtout les Portugais avaient déjà, il faut le dire, fait d'importantes découvertes géographiques, avec des moyens encore bien imparfaits. On leur devait les Canaries, la Moscovie, Porlo-Sanlo, la côte de Guinée, Madère, le cap Boïador, le capBianc, les îles d'Arguin, Angra.de Cintra, le cap Vert, le Sénégal, les îles Açores, le Congo, les îles Angedives et le cap des Tourmentes ou cap de Bonne-Espérance ; à quoi Colomb ajouta ensuite les Antilles, la Jamaïque, la Trinité et les col es d'Amérique.

Pendant ce temps-là, l'esprit de colonisation commençait à naître. Des Français, des Dieppois s'établissaient à la côte de duinée, et Jean de Beihencourt, gentilhomme normand, faisait la conquête des Canaries, dont Henri lïl do Castille lui conférait la royauté. Jusqu'alors, en effet, les Dieppois avaient arrêté leurs courses aux côtes de Maroc; mais enhardis par l'expérience, séduits par l'appât du gain, ils tentent de nouvelles découvertes et s^avancent graduellem(int jusque sur la côte de Malaguette, où ils fondent la colonie du Petit- Dieppe. Un concordat, fait entre les marchands de Dieppe et ceux de Rouen, réglait le commerce de Guinée.

Il paraît donc certain que l'honneur de la déconverle des côtes et des îles au delà du trentième degré, appartient à juste titre à la France. Les Portugais ont probablemoni suivi les traces des navigateurs

<Jieppois, et ils n'ont d^autre mérite que d'avoir surpris un myslère quMl était de Pinlérêl d'une corporation marchande de dissimuler.

Depuis Christophe Colomb, qui a découvert quinze cents lieues de nouvelles terres, et Vasco de Gama, qui a élargi le monde, la navigation a continué sa marche progressive, en proiStant du perfectionnement des sciences et des arts, dont elle emprunte Tulile concours; la colonisation des terres lointaines et le commerce d'outre-mer ont «uivi un mouvement parallèle. C'est en effet de la fin du quinzième siècle que date la régénération des sciences qui ont agrandi le domaine des connaissances humaines et ayancé la civilisation.

Dans le seizième siècle le goût des aventures réuni à l'esprit de conquête anime les navigateurs espagnols et portugais. La ligne équinoxiale est passée, la rivière des Amazones est découverte , ainsi que l'île de la Conception, l'île de Sainte-Hélène, le golfe de Honduras et de Yucatan, Sumatra et Malaca, Porto-Ricco , les îles de la Sonde, les Moluques, la Floride, la mer du Sud, le Pérou, le Rio de Janeiro, le cap Sainte-Marie, la Plata, les îles Maldives, Saint-Jean-d'Ulloa, le délioit de Magellan, les îles Philippines; la baie de Fonseca, la Nouvelle - France, le Paraguay, la Bermude, la Nouvelle-Guinée, la Californie, l'île d'Orléans, le Chili, le royaume de Marata, le Japon, le pays de Quivira, les îles de Salomon, le détroit de Forbisher, l'île des Bouchers, le détroit de Jakman, le détroit de Davis, les Marquises, l'île Santa-Cruz.

Don Pedro fait un traité de commerce avec les rois de Cochin et de Cananor ; des comptoirs y sont établis par Vasco de Gamà, qui a découvert les Indes. Des traités de commerce sont passés avec les rois d'Achem, Pedir et Pasem, dans l'Ile de Sumatra. Le fils de Christophe Colomb envoie dans Cuba une colonie qui bâtit la Havane. Fernand d'Andrada et ses compagnons sont chassés de Gantois, et obtiennent seulement l'autorisation de rester dans une île voisine, où ils bâtissent Macao. Fernand Cortez fait la conquête du Mexique et des provinces voisines, Jusqu'à la mer du Sud. L'établissement des Espagnols à Tydor fait éclater la guerre avec les Portugais de Tornate. Narvaës, parti d'Espagne pour faire des découvertes, avec cinq cents de ses compagnons, meurt de faim et de fatigue en tra- \ersant par terre la Floride j trois seulement de ces malheureux

|t HISTOIRE GENERALE OE LA MARINE,

arrivent dans la Nouvelle-Espagne. Pizare fonde une colonie à Saint- Michel, fait h conquête du Pérou et bâlit la ville de Lima. Magellan faille premier le tour du monde. Jacques Cartier, parti de Saint-Malo, aborde à Sainte-Catherine, entre dans le fleuve Saint-Laurent et trafique sur toutes les côtes. Une colonie est fondée à Buénos-Ayres. Une expédition est envoyée, par les Portugais, à la poursuite d'un corsaire more guzarale; ils sont chassés des îles Likayo. Jacques Cartier, à son troisième voyage, conduit le comte de Robervai , vice-roi du Canada, qui établit une première colonie dans le voisinage du port de Sainte-Croix et de Québec. Jean Ribault entre dans la baie de Port- Royal, en Arcadie, où il construit un fort, et fait le commerce de pelleteries et de perles avec les sauvages qui avaient pris les Français en amitié. Lodonnière passe aux Antilles, de là en Floride, où il bâtit un fort sur la rivière de May. Ribault y fait un voyage, et ses vaisseaux sont brisés par la tempête. Gilbert prend possession du port de Saint- Jean. Goa est attaquée par le roi de Décan et défendue par les Portugais. Les Anglais prennent possession de Fîle de Wokoken, sur les côtes de la Virginie. Les Hollandais entreprennent leur premier voyage à nie de Madagascar et à Java. Ce qu^il y a ici de plus remarquable, c'est que les Portugais ont établi Tinquisition à Goa, et qu'un Anglais, Hawkins, est le premier qui ait pris en Guinée trois cents nègres, pour les aller vendre à Saint-Domingue...

Dans le dix- septième siècle, l'esprit mercantile dirige seul les aventuriers intrépides sur Fimmensité des mers, à la recherche des contrées inconnues où ils espèrent trouver des trésors. Les Hollandais font plusieurs voyages autour du monde. Maurice-Land, les îles de Barnevelt et le détroit de Lemaire sont découverts; Hudson trouve le détroit qui porte son nom. Button découvre le pays de Carys- Swansness. Jean Cook, surnommé à juste titre le Colomb du dixhuitième siècle, entreprend un voyage de circumnavigation.

La Compagnie des aventuriers fait des traités de commerce avec l'île de Java. Champlain remonte le fleuve Saint-Laurent jusqu'à la rivière des Iroquois. Démonls et Potrincouri fondent la colonie de Port-Royal en Arcadie, et sont obligés de l'abandonner un an plus tard, à cause des guerres de la France. La colonie de Jacques-Tovvn est établie sur la rivière de Pouhatan, en Virginie. Les Hollandais se rendent

niSTOîRE GïïMEHAiE DE LA BIARINH. 11

maîtres de Tidor, de l'île d'Amboine et de Batavia. Les Anglais fondent 'à Bentam un comptoir qui est renversé par les Hollandais. Ils forment ensuite un établissement à Surate. Ils font un voyage dans la mer Rouge, et signent un traité d'alliance et de commerce avec Tempereur du Japon. Ils s'établissent aux îles Bermudes, et fondent la colonie de Plymoulli, dans la Nouvelle-Angleterre. De leur côté, les Danois achètent sur la côte de Coromandel, Trangobar, dont ils font une ville grande et forte. Les Hollandais chassent les Portugais de Malaca ; ils s'emparent de Ceylan et de Négapatnam, ainsi que de Cranganor et de Cochin. Les Anglais fondent à la baie de Baffin un établissement de commerce. Les Français créent un comptoir à Surate. Le père Marquette, jésuite, fait un voyage dans les terres du Canada. M. de Chaumont est envoyé en ambassade à Siam, sous la conduite du chevalier de Forbin. L'établissement de Pondichéry, surpris par les Hollandais, est rendu à la France en 1698, à la paix de Prinswick. Cependant, toutes ces expéditions, bien qu'entreprises dans un but exclusivement commercial , eurent le résultat glorieux de faire connaître une vaste contrée, la Nouvelle-Hollande.

Le dix-huitième siècle a vu s'accomplir aussi un grand nombre d'expéditions périlleuses qui ont contribué au progrès des sciences, ainsi qu'à la civilisation des peuples nouveaux. Au commencement de ce siècle, en effet, on connaissait d'une manière générale les grandes divisions de nos quatre continents ; mais combien les détails en étaient imparfaits ! Les îles , les archipels disséminés dans l'océan Oriental et l'océan Pacifique , étaient alors dans un véritable chaos.

Quelques îles du Spitzberg, toute la côte du nord-est de l'Asie, le détroit de Bering , la mer de Corée et son grand archipel , étaient encore inconnus. Les Moluques, les îles Carolines, tout l'archipel oriental formaient un labyrinthe immense, et ces parages semés d'écueils étaient le théâtre de naufrages désastreux.

Les contours de l'Afrique, bien que déterminés en grande partie , présentaient encore sur les cartes, dans le gisement des terres et la configuration des côtes, une foule d'erreurs dangereuses.

En Amérique, toute la côte du nord-ouest , dans une étendue considérable, depuis le cap Mendocine, était entièrement inconnue, et Ton

ignorait encore que le conlineiU de TAmérique septentrionale ne tenait point à celui de PAsie.

Le nord de l'Amérique, jusqu'à la côte du Groenland, n'avait pu être exploré.

L'Australasie et la Polynésie étaient les parties du monde les moins connues. On n'avait vu de la Nouvelle-Hollande et de la Nouvelle- Guinée que les parties occidentales, et l'on croyait ces deux grandes terres unies par les côtes de la Carpentarie. Les côtes du sud-ouest et de l'est de la Nouvelle-Hollande étaient ignorées, ainsi que la Nouvelle-Irlande, la Nouvelle-Hanovre, l'archipel de Salomon, la Nouvelle- Calédonie, et la plupart des îles nombreuses de l'océan Pacifique.

Toutes ces lacunes, toutes ces imperfections de la géographie sont disparues successivement, grâce aux travaux des navigateurs qui ont entrepris, dans ce but, une suite d'expéditions périlleuses

Ainsi, le père Feuilléefait un voyage au Chili, en 1708, et détermine quelques points de la côte des Patagons , de la Terre-des-Élats et de la Terre-de-Feu. Dans la même année, deux vaisseaux anglais, commandés par W. Roggers, font un voyage dans la mer du Sud; ils doublent le cap Horn et arrivent dans l'île de Juan-Fernandez. Roggers y trouve un Écossais nommé Alexandre Selkirk, qui avait été abandonné là depuis plusieurs années, et dont les aventures ont fourni à Daniel Foë l'idée de son roman de Robinson Crusoé

En 1712, Frézier part de Saint-Malo pour le Chili, rectifie la position et le gisement de plusieurs points importants de la côte des Patagons, fait une bonne reconnaissance du détroit de Lemaire et de la Terre-des-Élats; double le cap Horn, reconnaît la partie occidentale de la Terre-de-Feu; rectifie la position de l'île de Diego -Ramirès, fait un grand nombre de recherches géographiques, et revient en France deux ans après.

En 1714, le Gentil de la Rarbinais fait un voyage autour du monde, qui n'a d'autre résultat que de nouveaux détails sur la Terre-de-Feu.

Sept ans plus tard, l'amiral hollandais Roggewein part du Texel, va d'abord reconnaître les îles Malouines, passe le détroit de Lemaire, double le cap Horn et ne peut s'avancer vers le sud, où il rencontre des bancs de glace considérables. Entré dans l'océan Pacifique , il côtoie le Chili, relâche à l'île de Juan-Fernandez, et découvre ensuite

IlISTOIRK (iENERALE DE LA MARINE. **

nie de Pàqnes, les îles Pernicieuses, les tles de l'Aurore des Vêpres, s ne Baunu , etc. A Ba.avia, il est arrêté, emprisonné et depoudle '" Compagnie hollandaise qui, plus tard, fut condamnée a dedom- Lger l'amiral Rogge^vein et à lui faire une réparat.on éclatante Son IL de circumnavigation est l'un des plus remarquables du sje le.

En 1736, la Compagnie des Indes françaises expéd.e deux f^gates danslebutd'alleràlarecherchedesterresa.jstrales.Cet^exped^^^^^^^ dirisée par Bouvet, est sans résultat pour la soence. La découverte :;i s'at'tribue du cap de la Circoncision, n'est qu'une fable mventee pour gagner la prime promise par la Compagnie flf^^ ' L'année suivante, l'amiral Anson part de la rade de » "'-« »*; relâche aux iles du cap Vert, à l'île Sainte-Catherme , sur la cote du S sur celle des Patagons ; passe le détroit <>« ^^^^^ j;* le cap Horn, et relâche à l'île de Juan-Fernander. De la .1 va accag t etSe sur la côte du Pérou une ville sans défense, pu.s >1 mterce e ion espagnol de Manille, qui fait une -stan- v.goureuse av t d<. loi abandonner son trésor. Après cette expédition de fl.bnsuer, J: relLhe aux îles des Larrons, puis à Macao, d'o. .1 retourne en Angleterre avec nn seul des sept bâtiments e son encadre-

L 1764 le roi d'Angleterre ordonne l'armement de deux navires des!^ flir le tour "du globe. Le commodore Byron dtnge en chrcette expédition. Ses travaux dans le détroit de Magellan sont

In narilp la dIus imporlante de son voyage. 'Cl^r.s.le autre expéditionsemblable^tcon-^^

.aine Wallis. La division, partie de P'ï'"°""";«'f,l*fEUe entre L A„ r-aD Vert et de là vient attaquer la côte des Patagons. Elle entre st :Su Sud par le détroit de Magellan. WalUs découvre la fameuse île de Taiti, où il fait un séjour de près e -^^^^^^A

Pendant ce temps-là son compagnon, Carterel, qu i a a dans a Ter du Sud découvre les îles Pitcairn , d'Osnabrng, de Go-

14 histoirf: generalk de la marine.

En 1766, le roi Louis XV charge !c capitaine de vaisseau Bougainville d'aller faire la cession des îles Malouines, dont la couronne d'Espagne revendiquait la possession, et d'effecluer ensuite son retour en traversant l'océan Pacifique et en faisant le tour du globe. Ayant rempli sa mission diplomatique, Bougainville entre dans le détroit de Magellan, et fait des observations intéressantes. Il découvre dans la mer du Sud des îlots qu'il appelle les Qualre-Facardins; puis l'île des Lanciers, l'Ile de la Harpe, et arrive à Taïti. Là ses bâtiments, après neuf jours de mouillage, ont perdu six ancres et couru les plus grands dangers. Ils partent, et découvrent les îles des Navigateurs, l'île de l'Aurore, l'île de la Pentecôte, la Louisiade, le cap de la Délivrance, la baie de Choiseul, etc. Trois ans après, Bougainville, le premier circnmnavigateur français, rentre au port de Saint-Malo.

Le marquis de Courtanvaux, capitaine-colonel des gardes suisses du corps du roi, qui s'occupait par goût d'astronomie, veut vérifier luimême la méthode des longitudes par les montres marines. Il construit et équipe à ses frais une corvette qui emploie tout l'été de l'année 1767 à parcourir les côtes de la Manche et de la Hollande.

Le capitaine Jacques Cook, le premier de tous les marins hydrographes, est désigné, en 1 768, par l'amirauté anglaise pour aller dans la mer du Sud observer le passage de Vénus sur le disque du soleil, et faire les recherches qui pourraient conduire à de nouvelles découvertes et au perfectionnement de la géographie dans ces parages. Les résultats principaux de ce premier voyage sont le complément des grandes découvertes de l'archipel de la Société, celle de la Nouvelle-Zélande et d'une grande partie de la Nouvelle-Hollande.

En 1 769 , le chevalier de Fleurieu , enseigne de vaisseau , part de Rochefort sur la frégate Visis, et fait le tour entier de l'océan Atlantique. Les travaux exécutés pendant cette campagne, ont servi à reconnaître l'utilité des montres marines dans les grandes navigations.

La même année, M. de Surville, capitaine de vaisseau de la Compagnie des Indes, entreprend un voyage qui a pour but des spéculations commerciales , mais dont le résultat n'est pas moins d'un grand intérêt pour la science. Il retrouve des terres depuis longtemps oubliées : les îles de Salomon, d'Alvarès-Mandana j il découvre le port Praslin, la terre des Arsacides et quelques petites îles voisines.

HISTOIRE GENERALE DE LA MARINE. iS

En 1771, le capitaine Marion du Fresne, officier de la Compagnie des Indes, reçoit la mission de rendre à sa patrie Tlndien Aotourou, amené de ïaïti en France par Bougainville ; cet officier doit eo outre profiter de sa navigation pour tenter des découvertes nouvelles. Mais il est masacré à la Nouvelle-Zélande.

LMmportance du perfectionnement des montres marines pour la détermination de la longitude, donne lieu à Tarmeraent de la frégate la Flore, commandée par le marquis de Verdun de la Crenne. Cette expédition a produit des résultats avantageux pour Thydrographie.

Enfin, les voyages des Kerguelen, des Cook, des Phipps, des la Pérouse, des Dixon, des d'Entrecasteaux, des Vancouver, complètent la série des illustres découvreurs qui ont honoré le dix-huitième siècle par leurs travaux.

Depuis le commencement du dix-neuvième siècle jusqu^à nos jours, la navigation, tout en s'ocçupant d''intéréts politiques et commerciaux, a continué à faire progresser les sciences physiques, lesquelles, par une juste réciprocité, ont contribué aux perfectionnements de la navigation. Ainsi nous suivrons en Chine le baron Milius ; au pôle boréal, le chevalier de Fréminville; dans les mers de llnde, le commandant Kergariou ; à Madagascar et aux Seychelles, Tenseigne de vaisseau Frappaz; à la Cochinchine,^le capitaine Rey ; à Botany-Bay, le naturaliste Lesson; à la baie de Baffin, le capitaine Guédon ; autour du monde, les capitaines Dalruc et Tromelin; dans les mers dislande et du Groenland, le lieutenant Tréhouart; en Laponie et au Spitzberg, le lieutenant Fabvre ; à la Guyane, le lieutenant Penaud; dans Thémisphère austral, le commandant Cécile; sur l'Uranie, le capitaine Louis de Freycinet. Enfin, dans son dernier voyage, Vinfortuné Dumont-d^Urville.

Toutes ces expéditions lointaines, toutes ces conquêtes de la science, ne se sont pas accomplies sans périls et sans combats.

Nous tracerons donc l'historique des principaux naufrages, tels que celui du Saintr-Géran^ de plusieurs vaisseaux hollandais dans les mers du Groenland, de la Jeune-Soj)hie , de la Caravane, du Neptune, des frégates la Méduse et t Africaine, du vaisseau le Superbe, etc.

La relation des guerres maritimes, des luttes, des batailles navales, telles que Slroniboli, où Duquesne défait les Espagnols et les Anglais réunis; Agosla où il est encore vainqueur, et voit mourir l'ainiral

Ruyter; Alger qu'il bombarde et dont il auéanlil les pirates ; la Houguo où Tourville attaque Tamiral Russel avec des forces insnflisantes; les représailles de Dugay-Trouin et de Pintrépide Jean Bari , qui portent une atteinte ruineuse au commerce maritime des Anglais; Malaga où le comte de Toulouse, avec cinquante vaisseaux et vingl-quatre galères, tient tête à un ennemi plus fort; Malaga, où, l'année suivante, le maréchal de Tessé voit sa flotte écrasée par Tennemi et par la tempête, triste et dernier jour de la marine de Louis XIV ; Belle-Isie, où quarante vaisseaux français résistent à cent vingt vaisseaux anglais ; Minorque, où la Galissonnière, avec des forces inférieures, bat Pamiral Byng; Madras, dont s'empare la Bourdonnais avec neuf bâlimenls marchands armés en guerre; le cap Saint-Vincent et les côles de Bretagne, où sont détruites les deux escadres qui devaient proléger une descente en Angleterre ; Ouessant, où Tamiral d'Orvilliers rencontre l'amiral Keppel ; la Dominique, où le comte de Grasse, avec cinq de ses vaisseaux, est fait prisonnier; l'Inde, où le bailly de Suffren triomphe si souvent des Anglais; Aboukir, où l'amiral Brueys, attaqué par Nelson, perd sa flotte sans pouvoir se défendre; Trafalgar, jour néfaste, où les escadres combinées d'Espagne et de France sont en partie détruites par les vaisseaux de Nelson, qui est tué... Copenhague bombardée et incendiée par les Anglais qui , dans cet acte de violence inique et barbare, s'emparent de cinquante-trois bâtiments de guerre!... Navarin, Alger, Sainl- Jean-d'Ulloa, Tanger, Mogador... et tant d'autres faits mémorables qui seraient trop à l'étroit dans les limites d'une introduction.

Nous dirons aussi les combats particuliers où se sont illustrés les d'Harcourt, les Brézé, les Jean Bart dont le nom est si populaire, les Valbelle, les d'Estrées, les Tourville, les Dugay-Trouin, les Forbiu, les Suffren, les d'Estaing, les la Touche-Tréville, les Villarei, les Linois, les Leisseigues, les Duperré, etc. etc.

Nous terminerons par les armements en course, auxquels ont participé les plus mlrépides corsaires, pour nous arrêter à la prise de Mogador, qui couronne jusque-là les glorieux faits d'armes de la marine française.

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