ET SON OEUVRE FRANÇAISE
Vlll ' AVEHriasEMENT
Si ce lallnisle el cet helléniste a si bien mérité de sa langue malernelle, c'est là sans doute pour l'époque un trait qui vaut la peine d'être noté. Mais prétendre opposer en lui. comme deux frères ennemis, l'humaniste el le défenseur du français, ce serait se méprendre fortement sur l'esprit et sur les intentions dlislienne, puisqu'eu contraire il a su concilier ces deux rôles : c'est l'hummiiste qui lui a suggéré pour son plaidoyer en faveur du lauga^'e vulgaire des arguments qu'il estimait probants. Pour comprendre le traité de la Conformité du langage françoi» avec le grec, il est bon d'ouvrir le Thésaurus grwcx lingue. Le l)e laliniiate faUo xuspecta est d'un bout t< l'autre et à chaque ligne une comparaison entre la langue do Rome cl la nôtre. Bref, tout se tient dans l'œuvre, comme dans la vie d'Estiennc.
Il nous reste 'a dire quelques mots des travaux les plus importants cjui ont précédé le nôtre cl dont nous avons plus ou moins tiré parti. En premier lieu, nous placerons les Annale» de» Eslîenne, par Aug, Renouard, un monument d'érudition bibliographique. Un y relève des inexactitudes ou des omission)' ; ce qui n'est pas surprenant si l'on songe à la masse de livres que l'auteur a classes el décrits. Outre Renouard, nous avons eu un guide très sûr dans Maitlaire, en particulier pour la partie biographique.
Les archives d'Étal, k (îenève. avaient déjà fourni à Renouard un document capital : le testament de Robert Rstienne. Plus récemment, M. P. Rifitelhuber en a lire les pièces des deux grands procès que Henri Estienne avait subis devant le Conseil de Genève. En 1895, M. Stein publiait de [< nouveaux documents sur les Bstienne, imprimeurs parisiens ». Plusieurs de ces pièces qui intéressent la vie de Henri Estienne, entre autres le testament de son frère Charles, ont été extraites des minutes des notaires, conservées aux archives Ae Genève. La moisson faite sur ce terrain par nos prédécesseurs nous laissait peu d'espoir d'y trouver du nouveau; cependant, on recherchant dans ces mêmes archives, noua avons mis la main sur un troisième procès fait par le Conseil à H. Estienne, qui se rattache aux deux autres et qui les éclaire. Notre souci a d'ailleurs moins été d'apporter de l'inédit que de faire servir à une nouvelle élude les documents publiés'. Ajouterons-nous qu'en parcourant les registres du Conseil nous avons été mieux renseigné sur le milieu oii avait vécu Henri Estienne? \ Genève, nous avons reçu le meilleur accueil de M. Th. Dufour, Directeur de la Bibliothèque de la Ville, de son collaborateur.
lioBséiliouB iV. milivappendii-.