‹ Henri Estienne et son œuvre françaiseChapitre 109 sur 533 · CHAPITRE II L'ESPRIT DE COUR ET L'ITALIANISME · texte numérisé non relu

CHAPITRE II L'ESPRIT DE COUR ET L'ITALIANISME

Développement de riialianîsmc en France; comment il s'est manifeste par Tesprit de cour. — Les Italiens à la cour des Valois. — La satire de l'italianisme chez du Bellay. — Le machiavélisme dénoncé par Henri Estienne et le parti protestant.

La satire de ritalianisme remplit toute l'œuvre française de Henri Estienne, pour se prolonger, comme nous l'avons vu, dans son œuvre latine. Il s'en est pris à la fois à la triple influence que l'Italie exerçait de son temps en France sur les mœurs, sur les lettres et sur la langue ^

Certes, en lisant Estienne, nous devons nous garder d'oublier que cette action datait déjà de fort loin. S'il est impossible de dire quand elle a commencé, on sait à peu près l'époque où elle s'est dessinée plus nettement, c'est-à-dire à partir des guerres d'Italie -. Contrarié quelque temps par les goûts bourgeois de Louis XII et d'Anne de Bretagne 3, l'italianisme reprend vigueur sous François I""; il grandit sous Henri II, fleurit avec la régence de Catherine de Médicis * et s'épanouit enfin largement dès l'avènement de Henri III : ce sont là les grandes lignes d'une histoire dont la réalité est très complexe, faite de contradictions, de reculs et de brusques progrès, et qui exigerait autant de chapitres particuliers, chacun

1. Nous laissons de cAté les arts, puisque c'est un domaine où Estienne n'a point pénétré. Ici, comme pour les lettres ou pour la lan^çue, rintcrôt du problème serait peuUètre moins de constater les emprunts directs, la copie flagrante, que de rechercher dans les œuvres et dans les monuments d'une inspiration plus indépendante le degré de Tinfluence italienne. V. E. Muntz : la RenAisgance en Italie et en France aa tempi de CharUê VU!. — H. de Maulde : Louise de Savoie et François /•'.

2. Nous constaterons que, pour Tinfluence certaine de la langue italienne sur la langue française, cette ligne de démarcation doit être reculée jusqu'au milieu du IV' siècle.

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