‹ Henri Estienne et son œuvre françaiseChapitre 125 sur 533 · De Thou, cité par Baylc (Dictionnaire · texte numérisé non relu

De Thou, cité par Baylc (Dictionnaire

son élève le garda comme confident. Corbinelli traduisit en français pour Henri III les sonnets de Pétrar({ue * et Q se fit en Fraoce Téditeur d'auteurs italiens ^. Quant à Baccio ou Bartolomeo Delbene, son biographe le représente comme ayant été Tagent politique de Catherine de Médicis : il continua son dévouement À Henri III qui l'en récompensa par de bonnes abbayes; la poésie et les prébendes firent de lui, à ce double titre, le confrère de Desportes. Ses odes italiennes de VAnno témoignent d'une imagination brillante 2.

A côté de ces Italiens d'esprit cultivé, il y en avait assurément beaucoup d'autres d'une valeur infiniment moindre. L'éloquence ne soutenait pas toujours chez eux les hautes foqctions qu'ils remplissaient : témoin René de Birague, devenu chancelier de France, dont la parole souleva les rires du Parlement *. D'Aubigné le nomme :

Un asne iUlieiiy un oyseau d'Arcadie^ Ignorant el cruel ^...

Et dans sa Monitrix Musa^ Estienne le désigne assez clairement quand il parle de cet Italien « indigne de la chaîne si élevée qu'on lui avait confiée et qui ne savait pas même assez de français pour s'en tirer; mais le chapeau de cardinal ne le rendit pas plus savant ^ ». Encore avait-il eu le talent d'arriver où il était ! « Mais alors, ajoute Estienne, le roi trouvait bon tout ce que sa mère avait décidé, et cette femme ne cessait de favoriser ses compatriotes. » — Enfin venait, au-dessous des favoris, des Italiens « signalés » [aegnalaii)^ la suite des amis et des serviteurs, « gens de service )> propres à toutes les besognes. Ceux-là se gênaient encore moins que leurs patrons, pour entrelarder de mots vénitiens ou piémontais leur mauvais français '^. Italiens de grande ou de petite marque, les uns et les autres donnaient le ton au gros des courtisans, au sot bétail des imitateurs. » Mais de quels Italiens

Page 1