‹ Henri Estienne et son œuvre françaiseChapitre 127 sur 533 · Dial. I · texte numérisé non relu

Dial. I

parlez-vous? — D'Italiens demeurans en^ la cour de nostre roy de France, ou pour le moins lesquels y hanteht ^ »

Toutefois Henri Estienne ne soutient pas que les courtisans franvais soient absolument en tout les singes des Italiens; mais là même où ils. oublient de copier Tétranger, où il semble quils soient eux-mêmes et dans leur naturel, il les accuse de blesser encore la raison et le bon goût, tant ils sont affectés dans leiu* langage et singuliers dans leur tenue. Tout lui déplaît dans ces modes nouvelles , comme dans ces néologismes, quels qu'en soit le caractère ou Torigine.

Voici d*abord Textérieur des gentilshommes « bien qualifiez » : « J*enten gentilshommes bien godronn^z, bien frisez, bien fraisez, bien passefillonnez -. » Costume et coiffure sont à la mode italienne, et c'est ainsi que les estampes de Tépoque représentent Henri III et ses migrons ^. Les collets sont godronnés comme les châlits des menuisiers et les fraises sont en mémoire de celles de veau, ce qui n'est pas, il est vrai, « chouse nouvelle ». Mais du moins sontelles devenues plus volumineuses qu'elles n'étaient autrefois ^.

Les hommes ont été prendre aux femmes leur% passe fiUons ^ et celles-ci ont imaginé de tresser leurs cheveux en jraquette ou ratepcnades^ c'est-à-dire en ailes de chauves-souris, invention toute récente, et qui passe déjà, tellement les modes vont vite, puisque certaines « desgoutées » préfèrent « tresser leur cheveux par toufféaux ^ ou pour le moins ton f filions... Or quand je vous di leurs cheveux , j'enten les cheveux qu'elles ont, soit de nature soit par achet : ce qui est le plus ordinaire ^ ». Nouvelle aussi est Tinven-

i. Diftl., 1. 181.

}. Ihid.. I, 211.

3. V. rouvra|(e de Niel « Portraits des pei*s<inna{!çcft français les plus illustres du XVI* siècle. • Les très belles planches, qui reproduisent des crayons faits au xvi* siècle, M*ni un commentaire vivant des Dialogue» de Henri Estienne. (A>mparez les portraits de Henri II et de Henri HI (l** série). (Ihcz Henri II, le bonnet est à plus (i^rand bord, couvrant les cheveux ; la barbe assez lon^çue, le col haut mais non fraisé ; comme son 9ucces9eur il porte des pendants d'oreilles. Henri IH a le collet renverse à Pitaliennc comme l'obser^'e l'Estoile, nov. 15"5;. — Kn 1576, dit encore THstoile : « la cour de miiirnons commença à trotter ». Ceux de la I'* époque fui*ent Quélus, Mau^çiron, micac d*Kntrtt(cuei«, Sainl-Mef^'in, etc. Quélus et Maugiron mourui*ent en 1578. Vinrent les mignons de la 2* époque : Joyeuse, d'Kspernon, etc. V., dans la 2* série de Niel, les crayons de Qaélu» : cheveux longs, pas de barbe, collet fraisé; de Mau^ fjiron, mêmes traits caractéristiques, avec un tonffîUon sur le devant du front; de ^int'Megrin^ avec le petit bonnet de Henri HI posé sur les cheveux -^ces crayons M>nt c«»nser>'ésà la Bibl. Nationale).

5. Le mot. qui désignait au sens propre des jiassemenls de broderie, s'était a]>pliqué à l'arrangement de la chevelure. ^V. Hob. Estienne, Dict. fr. lat. de 1519.>

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