‹ Henri Estienne et son œuvre françaiseChapitre 128 sur 533 · Dut., I · texte numérisé non relu

Dut., I

128 II. KSnE>5E ÉCill%'%IX FR.%>Ç%IS

tion des manques que portent les dames dans la rue, et qui sont, comme les jalousies, « des videre et non videri * ». Les verlugstles ou veriugades ', sont toujours en vogue; mais elles portent aussi des calcons et même des pourpoints^ aussi bien que les hommes ^. I^eif manchons ont fait leur apparition ; et il t a des gentilshommes M qui les portent aussi en leurs bras * ». Aux dames italiennes les dames françaises ont encore pris les escentails. A ce propos II. Estienne se livre à toute une digression sur Thistoire de l'éventail ijlabellum ou muscarium) à travers les siècles! Mais que « nos dames de la cour (peu s*en est falu que je n*aye dit... nos courtisanes), mettent à leur visage del rosso^ e del bianco^ aussi bien qu'aucunes Italiennes » ^ il faut leur pardonner, en songeant qu'elles ont voulu se distinguer « de ces mignons et poupins, sans barbe et portant les cheveux longs, dont les habillements aussi s'accordo vent fort avec les leurs ^ ».

Ces portraits de mignons suivraient à dater les Dialogues, Estienne cite Tépigramme latine faite par quelqu'un qu'il ne nomme pas, et qui est Th. de Bèze, sur ce couple étrange que le prêtre allait bénir; mais il hésita, en demandant qui était l'époux :

Vira spon$u$ erat^ rogare cœpit ^.

Les gentilshommes portaient encore au-dessus de leurs cheveux longs des touflillons comme les femmes, et des miroirs à leurs ceintures. Ils se mettaient des panses sous leurs pourpoints, et aux jambes des canons ou bas de soie de grand prix : tout ce luxe nouveau est venu « des courtisans de Romme et de Venise ^ ». La vogue des manteaux à la reystre semble passée ; on préfère les manteaux courts. Dans le bigarrement des étoffes, la couleur verte, qui jusqu'alors en France était « réservée aux fols » domine : cela sans

1. /)i/il., I, 222. Monliiignc observera que les dames romaines ne se masquent pas coinmo les Kranvaiscs. V. Journal (/a Voyage de Montaigne^ ëd. d*Ancona, p. 253.

2. (iixrn bourrelets qui se mettaient sous la robe. Le mot et la chose étaient venus do rKspairnc : verdugo^ verlugado (cf. César Oudin. Thresor des deux langues)] cela s'appela vertugadins^ au xvir siècle; de là vinrent les panier».

Page 1