‹ Henri Estienne et son œuvre françaiseChapitre 147 sur 533 · L. Cl^bstf. — Henri Estienne · texte numérisé non relu

L. Cl^bstf. — Henri Estienne

des Regretta il a reproché à celui-ci sa flatterie à Tégard de soa devancier K C'est qu*H)stienne lui aussi s'était essayé à rendre « la iiayfeté du langage latin '^, »

Geste même candeur, cesle grâce divine.

Geste même douceur et majesté latine *.

Le genre épigrammatique est celui qui lui réussit le mieux : sa verve satirique s y aiguise ; de plus, ce genre réclame une langue familière qui peut aller jusqu à la trivialité : le coup d*aile est inutile, le coup de langue suflit. Estienne traduit des épigrammes latines de Buchanan ou de Th. de Bèze avec d'autant plus d'entrain qu'il y retrouve la satire du clergé ^. Nous aimons moins les huitains et les dizains qu'il compose à son tour sur la même matière : ils sont un peu lourds ^. Marot qu'il cite plusieurs fois est ici plus plaisant , parce qu'il y apporte moins de haine ^. Mais Estienne devient meilleur quand il s'en prend « aux laïques » :

Ici gist Sylvius, auquel onq en sa vie De donner rien gratis ne prit aucun' envie : Et ores qu'il est mort et tout rongé de vers, Encores ha despit qu*on lit gratis ces vers ^.

Théodore de Bèze, dont son ami nous a conservé plusieurs épigrammes en français, est, lui, tout à fait cinglant :

Lisct, monté dessus sa mule.

Trouve un pourceau demi brûlé :

Tout soudain sa besle recule...

Vieil pourri au rouge museau.

Deshonneur du siècle où nous sommes,

1. VoK de Lyon, p. 3S8, note marginale « aduUtur • [Regrets, éd. Liseuz, sonnellW^.

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