L. Cl^bstf. — Henri Estienne
des Regretta il a reproché à celui-ci sa flatterie à Tégard de soa devancier K C'est qu*H)stienne lui aussi s'était essayé à rendre « la iiayfeté du langage latin '^, »
Geste même candeur, cesle grâce divine.
Geste même douceur et majesté latine *.
Le genre épigrammatique est celui qui lui réussit le mieux : sa verve satirique s y aiguise ; de plus, ce genre réclame une langue familière qui peut aller jusqu à la trivialité : le coup d*aile est inutile, le coup de langue suflit. Estienne traduit des épigrammes latines de Buchanan ou de Th. de Bèze avec d'autant plus d'entrain qu'il y retrouve la satire du clergé ^. Nous aimons moins les huitains et les dizains qu'il compose à son tour sur la même matière : ils sont un peu lourds ^. Marot qu'il cite plusieurs fois est ici plus plaisant , parce qu'il y apporte moins de haine ^. Mais Estienne devient meilleur quand il s'en prend « aux laïques » :
Ici gist Sylvius, auquel onq en sa vie De donner rien gratis ne prit aucun' envie : Et ores qu'il est mort et tout rongé de vers, Encores ha despit qu*on lit gratis ces vers ^.
Théodore de Bèze, dont son ami nous a conservé plusieurs épigrammes en français, est, lui, tout à fait cinglant :
Lisct, monté dessus sa mule.
Trouve un pourceau demi brûlé :
Tout soudain sa besle recule...
Vieil pourri au rouge museau.
Deshonneur du siècle où nous sommes,
1. VoK de Lyon, p. 3S8, note marginale « aduUtur • [Regrets, éd. Liseuz, sonnellW^.