‹ Henri Estienne et son œuvre françaiseChapitre 156 sur 533 · Vol. de Lyon, p. 501 [Jéux Rustiques, éd. Liseux, p · texte numérisé non relu

Vol. de Lyon, p. 501 [Jéux Rustiques, éd. Liseux, p

2. Il écrit en marge le nom du poète et souvent le passage imité. V. Virgile cité,, vol. de Lyon,372 [Regrets, éd. Liseux, sonnet cxv) ; 602 [Marty-Lav., II, 26), etc. ; Horace, 336 'Regrets, xxxv, 2* quatrain^; 372 : n la molle oisiveté, mollis inertia » {Regrets, cx\\ etc. ; Ovide, 337 {Regrets, xxxviii), 313 [Regrets, « à Monsieur d'Avanson », p. vu, vers 1 et suiv.) ; 318 [Regrets, « A son livre », p. xii), etc. ; Claudien, p. 337 [Regrets, xxxviii, 1*' quatrain) ; Martial, p. 345 [Regrets, liv, 2» tercet^; Tibulle, 331 [Regrets,x\v, 2* tercet). Tous ces rapprochements font voir que Du Bellay était plus I^tin qu'Italien', soit encore ce passage : « vivons et pour le bruit Des vieillards ne laissons à faire bonne chère...» (vol. de Lyon, 345, Regrets, lui); Estienne note ici un souvenir de Catulle : « vivas rumoresque senum.. » V. Catulle, I, 5 : « Vivamus, mea Lcsbia, âtque amemus, Rumoresques senum severionini Omncs unius nestimemus assis, m

3. V. notamment la V7ei((e Courtisane de Du Bellay (Ed. Liseux, /eifor ru5^'qiies,ctc., p. 131). • Breftoutcela qu'enseigne l'Arétin, Je le scavoy.. »(//)id., p. 139.) Les pages qui contiennent cette pièce ont étéarrachéeb dans le vol. de Lyon (v. notre appendice),

quelques traits de mœurs à des auteurs de l'Italie moderne, et particulièrement à TArétin, il est peu surprenant que cela ait échappé à l'attention de H. Estienne.

Nos poètes de la Pléiade, et notamment du Bellay, ont souvent traduit ou librement imité des poètes latins de leur siècle : Naugerio, Jean Second, Buchanan ou Tumèbe, et c'est encore là une source de leur inspiration qui a été trop négligée par les éditeurs et par les critiques. Si nous savons que « TAdieu aux Muses ^ » a été pris du latin de Buchanan, Estienne, lui, se reporte à l'original qu'il connaît : il note que « fuligo libanda lucernœ » est « plus gentiment » dit en français par : « le parfum d'aune chandelle '^ » et plus loin il signale une lacune dans la traduction : « Il me semble qu'il omet Tendroit où il parle du principal qui se pourmene avec les verges au poing ^ ». Ailleurs, dans un sonnet ou Du Bellay félicite Buchanan de s'être rendu « Apollon favorable en son grec et latin, » Estienne observe que Buchanan n'a pas écrit en grec *.

Enfin il ne manque pas de s'arrêter aux noms des poètes et des écrivains français auxquels s'adresse Du Bellay, ou dont il parle. Le Maire des Belges, qui « le premier illustra et les Gaules et la langue françoise ^ », Mellin « aux vers emmiellez qui aussi doux que son nom coulent ^ », et Ronsard <( la moitié de son âme ^ », Thiard « qui nous a fait d'un Pétrarque un Platon ® », Belleau ^ dont « les vers teîens lui font aymer et le vin et l'amour », le docte Pelletier, et Jodelle avec son démon *^, et Scève le Lyonnais ^*, et Baïf *2 et Magny *3, etc. A propos d'une rime, Estienne saisit l'occasion

t. Vol. de Lyon, 1048, Mart.-Lav.^ 1, 435 et suiv. « G. Buchanani Sylvœ, Elegiae, Hendecasyllabi. (Parisiis, ex offlcina Roberti Stephani 1567.) » V. rélégie I, « quam misera fit conditio docentium litteras humaniores Lutetiae. »

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