‹ Henri Estienne et son œuvre françaiseChapitre 155 sur 533 · V. pour plus de détails notre appendice · texte numérisé non relu

V. pour plus de détails notre appendice

3. II. Kstienne dans ses Dialogues ill, 167^ avoue qu'il n'a pas encore beaucoup fruHhté les nouveaux portes. Mais Tannée suivante, dans sa Précellence, il cite cependant passablement de vei^ tii'és de Rémi Belleau, de Desportes, d'Amadis Jnmyn et de quelques autt^s. Kn somme il a connu suffisamment les plus grands potelés de riu*«dc, cl apix^s eux les plus intéressants.

ï. AfHiL, I, 58. Voyox encolle les passages des Dialogues et de la Précellence que nous ciluns plus bas.

ioamures de phrase qu'Estienne a relevées, il est certain — ses notes même nous en avertissent — que les unes lui déplaisaient, qu*il les estimait ou trop hardies, ou froides, ou peu claires ; et de même il a repris beaucoup de rimes qui ne lui paraissaient pas légitimes. Mais, par contre, il était loin d'être insensible au charme de cette poésie, à Téclat ou à la fraîcheur de tant d'images d'une justesse expressive, à l'harmonie des vers, aux rimes meii* leures et même riches (il s'en trouve chez Du Bellay).

Entre autres indices, voici bien une note admira tive, et faite pour nous avertir que tous ces traits de plume ne sont pas des critiques :

S'il m'en souvient, vous me distcs un jour En vous tenant quelque propos d'amour... Qu'il faut premier cognoistre que d'aymer, Et que hastif je voulois faire gerbe D'une moisson qui est encor en herbe.

Note marginale : « Vide ut gratiam habeat istud proverhium gailice redditum * ».

Il était reconnaissant à Du Bellay d'avoir prouvé que la langue française était capable de lutter de grâce ou d'énergie avec le latin, et c'est avec une évidente satisfaction qu'il enregistre les imitations des poètes latins qui se pressent nombreuses dans ses vers -.

Nous aurions souhaité qu'il eût aussi recherché les sources italiennes. Estienne nous a prouvé, dans sa Précellence^ qu'il avait lu les grands poètes italiens. Il est vrai qu'il en a parlé seulement pour leur opposer les poètes français sur les mêmes thèmes antiques. Ajoutons que Du Bellay en dehors de son Olive où il imitait Pétrarque et les pétrarchisants, avait moins recouru aux Italiens que Ronsard ; si dans ses Regrets et dans d'autres pièces ^ il a pris

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