‹ Henri Estienne et son œuvre françaiseChapitre 158 sur 533 · Ibid,, 352, 381 {Regrets, lxvii, cxxxiii · texte numérisé non relu

Ibid,, 352, 381 {Regrets, lxvii, cxxxiii

CRITIQUE tlTTÉRAlkË DE LA PLÉIADE 187

d^inscrire en marge le nom de Marot ^. Toutes les pièces où il est

question des écrivains et de la manière d'écrire, qui se rapportent à

Thistoirc et à la critique littéraire, soit en prose '^j comme Vépître à

Jean Morel^ en tête de la traduction du IV*' livre de TÉnéide, soit

en vers comme la pièce adressée k Madame Marguerite : sur la

nécessité d'écrire en sa langue^ ^ comme cette autre contre les Pélrar-

quistes^^ ou encore les vers k Bertrand Bergier, poète dithyrambique^

et la Nouvelle manière de faire son profit des lettres^, et en6n la

célèbre satire du poète courtisan ^ : tous ces morceaux ont été parti*

culièrement lus, annotés et soulignés par Henri Estienne. Il a pris

soin de noter « ce quil dit de son style^ » dans les quatre premiers des

sonnets qui composent les Regrets, où Du Bellay ne veut point a pour

un vers allonger s'accoursir le cerveau », « ni pour polir la ryme, se

consumer l'esprit » ; où il lui est égal de faire a une prose en ryme,

ou une ryme en prose » content :

De simplement escrire Ce que la passion seulement me fait dire'.

Mais ce désintéressement de Técrivain n*était-il pas pour la forme? Qu'on se garde de le prendre au mot :

Et peult estre que tel se pense bien habile, Qui trouvant de mes vers la ryme si facile, En vain travaillera, me voulant imiter *^.

H. Estienne était donc averti. Lui reprocherons-nous d'avoir accablé d'observations minutieuses et grammaticales un poète aussi sincèrement ému et en même temps aussi expert dans son art? Mais d'abord prenons garde que notre critique, n'a point par une excessive abstraction, séparé la forme du fond, pas plus que le style de la langue. Sur un des plus beaux passages i' qui se termine par la

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