‹ Henri Estienne et son œuvre françaiseChapitre 159 sur 533 · II. Ibid., 326, sonnet xvi · texte numérisé non relu

II. Ibid., 326, sonnet xvi

1S8 H. lîSTIfiNXÊ ÉCRIVAIN FRANÇAIS

comparaison des trois cygnes, il est vrai qu'il a trouvé le moyen de faire une remarque de syntaxe :

Comme on void quelquefois, quand la mort les appelle^ Arrangez flanc à flanc parmi Therbe nouvelle, Bien loin sur un estang trois cygnes lamenter. »

Note marginale : « relatif devant V antécédent », Mais c'est donc aussi le mouvement qui Ta frappé et qui, de fait, achève la beauté de la comparaison. — Le délicieux sonnet qui n'a maintenant qu'un seul tort, c'est d'être trop souvent cité dans les recueils de morceaux choisis, semble avoir été négligé par Estienne ; et c'est un des rares, parmi les sonnets des Regrets^ qui ne porte aucune note, aucun mot souligné ^ :

Heureux qui comme Ulysse, a fait un beau voyage...

Mais ajoutons que d'autres passages où se retrouve cette note mélancolique et intime Tout particulièrement intéressé; là, par exemple, où le poète « sepourmenant seul sur la rive latine » regrette la France et ses vieux amis :

Et le plaisant séjour de sa terre angevine

Au reste en s^attachant aux détails de la prosodie ou de la syntaxe, Henri Estienne était avec son temps; il se servait de la même méthode de critique et d'analyse que Ronsard lui-même, quand celui-ci dans ses préfaces et dans son Art poétique descendait aux questions de pure rhétorique et de pure grammaire. Non que certaines critiques de H. Estienne eussent été du goût de Du Bellay — ou que Ronsard n'en eût pas trouvé d'autres. Mais si Henri Estienne avait rédigé et publié ses remarques, il n'aurait pas étonné les survivants de la Pléiade, à commencer par Ronsard qui, en 1584, donnait encore une édition corrigée de ses œuvres complètes. Que le

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