‹ Henri Estienne et son œuvre françaiseChapitre 170 sur 533 · Bons., I · texte numérisé non relu

Bons., I

Soit encore Fode pindarique à Michel de THospital ' :

Elle [la lune] adonc lassement outrée Dessous Olympe se coucha...

Une parole luy montoit.

De souspirs allègrement pleine. . .

Par le caquet du populaire Méchantement injurieux...

D*un son douteusement obscur.

Tout cela dans la même pièce ! Toutefois Ronsard use tout aussi volontiers de la juxtaposition de deux adjectifs, se modifiant réciproquement :

...De leurs saincls orgieux mystères '.

..Une diverse amoureuse langueur '.

Arrivons à Du Bellay. C'est encore chez lui la même tournure, soulignée par notre lecteur :

... Soit ceste majesté disertement faconde *. ... Eust les ennuis doucement enchantez '.

Estienne critiquait aussi la superposition des deux adjectifs : « Une si malheureuse abominable offense^ » ; « ce grave port honorable ' » — « d'un franc naturel mouvement ® » ; « celuy est sage malheureux ^ ». Mais la construction par l'adverbe « sagement malheureux » n'est-elle pas (quoi qu'en pensait Estienne) plus claire et plus conforme au génie de la langue? Que les écrivains de la Pléiade en aient abusé et qu'ils y aient apporté une certaine affectation, soit! Cette construction ne s'en est pas moins imposée.

Des recherches de style assez semblables, mots rapprochés ou répétés, antithèses'^, allitérations**, Estienne en a relevé un bon

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