Le mot était connu au xvt* siècle. (Cf. Dict, général
11. Le mot n'apparaît qu'au xviii* siècle, dans V Encyclopédie, (Cf. Dict, yen.)
nombre chez Du Bellay qui d'ailleurs n'allait pas toujours en cela jusqu^à la manie de la préciosité italienne :
... Mais la doulce rudesse D*une belle, courtoise et gentille maistresse, Qui fait languir ton cœur doulcement langoureux K •r— D*une saincle fureur sainctemenl agité '. — Je ne chante (Magny), je pleure mes ennuys, Ou pour le dire mieulx, en pleurant je les chante, Si bien qu'en les chantant, souvent je les enchante '•
— Et n'est qui tant me plaise
Comme le déplaisir.
De la mort en elTect
L'espoir vivre me faict *.
Pareils traits sont fréquents chez Ronsard, il en emprunte à Pétrarque :
Rien ne me plaist sinon ce qui m'ennuie '. — Quand je fus pris au doux commencement D'une douceur si doucettement douce *.
... Amour me fait errer Si hautement, que je n'ose espérer De mon salut que la désespérance ^.
On sent déjà venir dans cette recherche de Tantithèse « le fin du fin » le :
a Belle Philis, on désespère Alors qu'on espère toujours ! a
Cest du marinisme avant Marino !
Toutefois, la répétition du mot ne va pas, chez Du Bellay, sans une certaine grâce :
Et votre esprit plus beau que la beauté ^,
1. Vol. de Lyon, 330, passage souligne. Noie marginale : « douee^ doucement », La disposition même des traits de plume indique à elle seule la critique d'Eslienne. Regret», sonnet xxiv.) 1, Ihid,, 320. {Regreti, sonnet m.)
3. Ihid.y 334, vers souligné, note marginale : « sic alibi ». (Regrets, xii.) .