‹ Henri Estienne et son œuvre françaiseChapitre 20 sur 533 · Apol.j I, p. X · texte numérisé non relu

Apol.j I, p. X

qu'il a entrepris de traiter * . » Cependant il s'excuse de s'être quelquefois par oubliance un peu éloigné de la simplicité que Técrivain doit observer; car « en escrivant il faut user de discrétion pour s'abstenir des vocables et façons de parler qui tiennent de la gosserie trop vulgaire, et approchent des mots de gueux ou des traits Rabelaitiques *... ». — « Les bons seigneurs et amis ^ » n'en jugèrent pas moins qu'il avait excédé la mesure, d'autant qu'en imprimant la table, il réitérait les mêmes propos « que les papistes et aultres gens de bien et moqueurs prendroient en occasion de blasphème *. »

Mais comment Henri Estienne qui avait publié son Apologie sans tables, a-t-il été amené à en publier deux, l'une des chapitres qui ne tirait pas à conséquence, l'autre, tout à fait importante, celle des matières? Nous touchons au second point de la défense. C'est qu'en rédigeant le premier deux tables pour sa contrefaçon, le libraire Ravoi lui avait porté un double préjudice, matériel et moral. Il est facile de comprendre que l'édition lyonnaise, enrichie d'un complément qui en facilitait la lecture, et qui provoquait la curiosité du public, devait se vendre facilement aux dépens de l'auteur '^, De plus les tables de Ravot (comme son texte lui-même) fourmillaient de fautes absurdes et « d'énigmes » ; on y faisait parler à Estienne un « barragouin » qui n'approchait pas a à soixantes lieues près de son pays w. C'était particulièrement dans la table des matières M force quiproquo, un brouillamini », et « ce gentil tabuliste » y avait répandu tous les traits u de son langage Ravotique ^. » Làdessus que Gt Estienne justement irrité? Il prit la table de Ravot, la corrigea patiemment, en remplaçant la pagination de l'édition de Lyon par les renvois aux pages de sa propre édition, et il la plaça à la suite de son avertissement.

C'était son bien qu'il i^eprenait, puisque c'était, en somme, le dépouillement de son œuvre, fait avec les expressions mêmes du texte. Mais il crut mieux faire que d'enlever les bévues : il transforma la rédaction d'une foule d'articles, en ajouta de nouveaux, et il saisit cette nouvelle occasion d'accuser l'esprit de son œuvre. Pour la seconde fois il appuya ou crut appuyer suffisamment sur la note religieuse et grave : préoccupé surtout de ne point pas.ser pour athée et de faire nettement comprendre qu'il en avait

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