LE FONDS LATIN
Vue sur les origines. — L'hypothèse du gaulois tient une part très minime dans les théories de H. Estienne. — Il accorde beaucoup plus au roman. — La plupart des mots attribués au gaulois doivent être rendus à la langue des Germains.
Avec d autres érudits de son temps ^ Henri Estienne admettait 1 existence d'une langue gauloise, premier fonds et « substratum » de la langue française dont il établissait d^autre part la conformité et presque l'identité avec le latin. Mais Thypothèse du gaulois tient une place à peu près négligeable dans ses théories sur les origines du français. C'est ce gaulois qui se serait dans une période très lointaine si fortement imprégné de grec, pour subir, à l'époque historique, rinfluence toute puissante du latin. L'erreur, en somme, n'est pas si forte, si nous en retranchons la théorie autrement fausse d'une dérivation grecque ! Estienne a su que le français s'appelait autrefois le romman, « nos ancestres voulans monstrer qu'ils laissoyent leur langage gaulois pour user de cèluy des Rommains^ ». « Plus ils rommanisoyent.., c'est-à-dire suivoy en t le langage rommain, et par conséquent entremesloyent moins de leur gauloLs, meilleur ils estimoyent leur langage françois^.. »
Quant aux mots qu'Estienne attribuait au gaulois, la plupart ne sont pas venus du latin, mais des invasions germaniques. Nous n'avons donc ici qu'à corriger l'étiquette et à rendre à l'ancien haut allemand ce qui lui appartient, par exemple : héberge ou hcrberge^ en italien albergo^ en espagnol alvergo ^.