L. Glbmbht. — Henri Eiiienne
Intention^ dans inlentio (Quintilien) * ; un hahii dans habitas ^ qui, avec ce sens particulier, est latin, si Tite-Live, Quintilien et Pline le Jeune ont parlé latin *.
Ce ne sont pas seulement les mots isolés, avec leur sens propre ou figuré, mais les mots unis à d^autres et formant des locutions ou « façons de parler », dont Estienne découvre la ressemblance ou ridentité dans les deux langues :
Cicéron écrit : tenere promi'ssum {tenir promesse) , facere officium {faire son office) *. Tite-Live : facere pavorem {faire peur) ^. Qui nous empêche de traduire : (a ne le faites pas long » par « ne longum fadas »? (Horace et Cicéron. ^)
Si enfin nous jetons im coup d'œil sur la syntaxe, nous retrouverons dans le latin classique des tournures analytiques qui sembleraient n'appartenir qu'au latin populaire.
Difficile ad dicendum, ad credendum {difficile à dire^ à croire) n'est pas seulement dans Plante, mais aussi dans Cicéron *. — L'histoire de notre conjonction que^ venue du quod latin, est assez significative. L'emploi de que, dans la proposition complétive :je dis que, je crois que ^ existey sinon dans Cicéron, du moins chez des écrivains comme Horace et Sénèque ^. Quant à Plautc, il dit couramment : scio quod {je sais que) ; c'est une tournure du latin populaire, mais que le latin littéraire n'ignorait pas entièrement *. Excepto quod {excepté que] est dans Horace, Ovide, Pline le Jeune et Quintilien •.
De même Estienne signale l'origine latine de notre construction analytique : j'aidit^fai fait [haheo dictum, haheo effectum) et il cite les textes
1. Oui, au sens de tension de la volonté, d'elTort, mais non au sens de « fantaisie ci volonté w, objet du désir; ce sens nouveau n'est pas encore dans Quintilien, il est dans les jurisconsultes (Papinien) et aussi dans saint Jérôme (v. Gœizer). Intencion, XII* siècle (/)ic(. gén.). V. Lat. êusp.^ p. 300.
2. Ici, Estienne a raison. « permutato habitu cum..» (Quint.) « Habilus f^allicus.» (Suet.) — Lat. su$p.y p. 303.