‹ Henri Estienne et son œuvre françaiseChapitre 231 sur 533 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

12. Lat. susp., 361. L'étymologie de sol d est encore incertaine. Soldat a été repris postérieurement à l'italien (v. notre chap. sur l'influence italienne).

13. PrécelL, 183. Fuuchel cite cxaclement les mêmes mots que Henri Estienne, en y ajoutant alauda : aloete (mot gaulois selon César), dérivé de aloue. {Origine^ liv. I, chap. 2, p. 12 et 13.)

UISTOIftE DE LA LATINITÉ 241

Le latin considéré dans les étapes de sou histoire et mis en regard de la langue française. — Latin classique : ses relations avec le latin archaïque et la langue populaire ; « conformité » de la langue de Plante et du français. — L*àge post-classique ; ses limites. — Mots des jurisconsultes romains passés en français. — Les écrivains ecclésiastiques. — Le latin « barbare » ou du moyen âge ; réaction réciproque de ce latin et du français. — Henri Estienne a confondu le latin « barbare » et le latin vulgaire. 11 a cependant aperçu Fintcrmédiaire entre le français et la langue littéraire de Rome.

Le « gaulois » mis à part, reprenons la thèse soutenue par Henri Estienne dans son traité sur la lalinilé suspecte ; et voyons par quels rapprochements il s'eiTorce de démontrer que le fonds de notre langue, c'est, en somme, le latin.

Avant de rechercher dans les différentes époques de la latinité les mots ou les tournures qui ont passé dans le français, constatons d'abord avec Estienne que le latin classique lui-même, celui de Cicéron et des écrivains du siècle d'Auguste, est plus riche et plus varié que les Cicéroniens modernes ne le laisseraient croire. Voilà un premier genre de latinité « suspecte » qu'Estienne n'a pas de peine à réhabiliter. 11 lui suffit de citer des textes à l'appui de ses revendications.,

Far exemple grandis qui traduit le français grande est à tort suspect : grande caput est dans Ovide, grande cubiculnm dans Cicéron *. Hevenire (revenir) qui appartint au latin archaïque se retrouve dans Cicéron *; cueilleile et collecte se traduiront par collecta ( Varron et Cicéron) ' ; gratiosaSy dans Cicéron, répond à notre français gratieux *, etc.

Si de l'âge classique nous passons à l'époque qui le suit immédiatement, Estienne nous montre encore le français sous le latin.

1. Làt. sa«p., p. 114. Les indications complémentaires que nous donnerons en note sont tirées : pour les mots du latin classique du Dictionnaire lalin-français de Quicherat, revu par E. Châtelain ; pour la langue religieuse de Touvragc de M. Gœlzcr : La Utinilé de Mint Jérôme; pour le moyen ûge du Glossaire de Du Gange.

Page 1