Lat. auap., p
écoles de droit : de là Texpression proverbiale : perdre son latin j et par allusion à des maîtres restés fameux : perdre son Bariole^ son Panorme, son Jason ^ Henri Estienne prend plusieurs fois à partie des jurisconsultes contemporains, comme Alciat et Guido Papa (Guy Pape) '. Il est vrai qu' Alciat savait le grec ; avant lui et avant Budé « Dieu sçait comment on Taccoustret ». Or les mots grecs du langage juridique sont arrivés au français par le latin. Les écoles avaient fait passer dans la langue des formules et des mots dont Estienne use parfois lui-même dans la discussion. « Faisoyent d'icelles {sMégaLiions) leurs Achilles^ » — « Interrogations faictes pro forma * >/ — « ce si est un si pro quia ^ » etc. Ce langage de TUniversité s'unissait à celui de la scolastique et de la théologie.
Concluons donc que si le latin des jurisconsultes romains a formé notre langue juridique, il Ta fait par deux intermédiaires qu*Estienne d'ailleurs a entrevus, le bas-latin (ou barbare) et le latin moderne des écoles. En rapprochant ainsi les deux extrêmes, H. Estienne avait sous les yeux le travail considérable de Budé : le traité des Forensia avait été un essai de réaction contre le mauvais latin qui s'écorchait au Palais et à l'Université^. Budé offrait aux hommes de lois et à tous ceux qui plaidaient, un recueil de termes juridiques puisés aux sources de la pure latinité.
Quant aux mots français qui les représentaient, on constate que la grande majorité était entrée dans la langue vers le xui*' et le xiv" siècles. Un petit nombre seulement semblent de date plus récente, et peu antérieurs au xvi® :
Ce sont, parmi les mois qu'Estienne a cités (juge) incompétent ; eautelCy au sens de caution (v. plus haut); épiloguer (xv* dans Littré); séquestrer^ séquestration (xvi* ibid,^ séquestre^ au x^*); subhaster (xvi* ibid.); subhastacion (xv«); syndic^ syndiquer^ syndicat (xvi* dans Lit. Cf. Rob. Est., 15i9), mots qui manquent dans la trad. fr. des Forensia.