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en passant que plaie retient encore au xvi* siècle le sens latin de coup donné ou reçu : « donner ou faire une playe, plagam infligere, player ou navrer,., » (Rob. Est., 1549.)
Ici donc, Estienne cherche encore à démontrer que ce langage n^est qu'à moitié barbare, et qu*au fond, c^est toujours du latin ! Et non seulement il recueille ces mots intermédiaires *, pour remonter par eux au latin « de Rome », ou pour redescendre jusqu'au français; mais devenant plus hardi dans sa thèse, il propose aux latinistes « de former, en suivant l'analogie , des composés pour com- « penser la perte de ceux qui sont perdus, et qui devaient se trou- « ver dans cette infinité de livres dont nous avons été privés * ». Estienne sait que ces mots sont perdus; donc ils ont existé. On pourrait sans doute lui répondre : s'ils n'ont pas existé, ils ne sont pas perdus. Mais le raisonnement d'Estienne vaut précisément par la nécessité ou nous sommes d'expliquer la formation de mots français que le latin classique n'a pas à lui seul donnés.
Les latinismes dans le français du xvi^ siècle : proscriptions trop sévères de H. Estienne. — Influence de la traduction des Épîtres de Cicéron, par Est. Dolet. — Latinismes relevés par Estienne chez J. Du Bellay, ou employés par lui-même. — Qu'il est impossible de dater exactement les mots. — Conclusion sur rhistoire de la formation latine.
Pour terminer avec H. Estienne la revue du fonds latin de notre langue, nous n'avons plus qu'à signaler la reprise des mots faite, au temps de la Renaissance, par les humanistes, écrivains ou traducteurs. Mais ici, le point de vue n'est plus le même pour Estienne : il
1. Les vieux g^lossaires que H. Estienne avait publies â la suite de son Thésaurus grec n'ctaient-ils pas une contribution à Tctude du latin vulgaire? « GlossArM duo^ e situ vetustatis eruta, ad utriusque linguse cognitionem et locuplelntionem perulilia... nunc primum in pnblicum prodeunt^ 1573, in-f. » — V. la préface de ce volume. — Estienne y fait lui-même les rapprochements que nous venons d'indiquer entre le latin et le français. Dans la préface de son Gloêsarium médise et infimx laiinHatis{v. la réimpression de Didot, 1840-47, page 26), Du Gange décrit le vieux manuscrit édité par H. Estienne, et conservé de son temps dans la Bibliothèque de Saint-Germain, à Paris : ce manuscrit avait été écrit en onciales par un certain Martin sous Charles le Chauve. — On sait l'intérêt que présente toute cette préface de Du Gange pour rhistoire du latin au moyen ôge.