‹ Henri Estienne et son œuvre françaiseChapitre 251 sur 533 · DiaL, 1,131-123; cl Conform · texte numérisé non relu

DiaL, 1,131-123; cl Conform

trouvera que plusieurs mots escorchez du latin, ont esté au mesme temps tirez de cette traduction *. »

Les traductions du latin sont, en effet, une des sources importantes de la formation savante au xvi® siècle, et le succès de la traduction de Dolet ^ nous étant formellement certifié par Estienne, nous devons y croire. Reste à savoir si dans ce cas particulier l'autorité de Dolet doit seule entrer en ligne de compte, et si le sens nouveau que prenait le mot office dans Texpression : faire de bons offices^ dérivait, aussi directement qu'Estienne le croit, du sens de devoir y repris au latin officium.

Le mot était connu de Tancienne langue, mais au sens spécial de charge^ de fonction^ sens qui n'a jamais cessé d'être français : « ne vous afliert pas tex oflices ', » et c'est le seul indiqué par les deux dictionnaires de Rob. Ëstienne. — H. Estienne distingue de même \esoffices que le roy donne ou vend, et il sait que par suite le mot a désigné toute espèce de charge domestique, et plus spécialement le service de la table ; enfin par une dernière extension, le lieu même où Ton s'acquitte de ce service spécial : V office ^ Notons qu'aucun de nos deux dictionnaires ne donne officieux^ et officieusement.

Arrivons à Dolet. Il est curieux de constater que la première ligne de sa traduction commence par le mot debvoir, précisément pour traduire officium ^, H. Estienne a donc cité de mémoire ; mais il est vrai que Dolet a souvent traduit officium par office ; nous avons relevé les cas dans le t" livre des Epistres : la vérité, c'est que le traducteur se sert du mot tantôt pour désigner la fonction et les devoirs de cette fonction, tantôt dans le sens plus général et nouveau en français de devoirs incombant à l'amitié, ou simplement de services affectueux et bénévoles *. Sans doute, dans le second emploi qu'en fait Dolet, office répond encore à l'acception que le mot avait aussi chez Cicéron. Nous verrons cependant que sans nier le latinisme, il est nécessaire de recourir à l'influence italienne pourexpliquer plus complètement ce sens de service rendu qu'im-

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