‹ Henri Estienne et son œuvre françaiseChapitre 264 sur 533 · DUtl., I · texte numérisé non relu

DUtl., I

4. Cest ce qu^Estienne oublie de faire pour les mots qu'il cite dans ses DUlognet ou dans sa Précellencef alors qu*il l'avait fait â chaque pas dans son De Latin, suspecta !

5. « A pielate vestra impctrari » (dans Quicherat-Chatelain).

6. Fin du v siècle. « Nulla pietas respexit cjçentcm » {ibid.).

7. V. Littré. Toutefois le sens primitif de pietas reparaît dans l'exemple de Brun. Latini. « Pitiez est une vertus qui nos fait amer et servir diligemment Deu et nos parcna et nos amis et nostre paTs. » Mais n'csUce pas ici précisément un sens « savant » ?

8. Piété manque dans le fr.-lat. do 1549, se trouve dans le lat.-fr. de 1552. Pieux (pius) est inconnu aux deux dictionnaires.

finale) zpieia a le sens plus particulier de plainte^ lamentation ^ \pielk (ou encore piatk) répond exactement à pitié « compassione' » : « Spero trovar pietà, non che perdono'. » 11 est à remarquer que La Grusca ne signale pas le sens précis de sentiment religieux, dévotion, « piété ».

Estienne estime encore a qu'en ce mot coquin on abuse de coquina, en ce mot querelle de querela* ». Si Tétymologie de coquinus, valet de cuisine, reste douteuse, elle est du moins assez vraisemblable : le coquin n*aurait>il pas été à Torigine une espèce de coq ou de queux ^1 Et cela expliquerait le sens péjoratif de mendiant ou gueux qui apparaît au moyen âge •. — Au xvi* siècle coquiner est employé au sens de mendier et de voler. « Ils coquinent le langage étranger, » dit ailleurs Estienne, en ajoutant qu'il faut « rire d'un tel coquinage ^ ». Il cite aussi ce proverbe : « 11 n'est vie que de coquins, quand ils ont assemblé leurs bribes *. » Dans un autre passage de V Apologie ', le mot prend le sens de pauvre, dénué de... (1 autrement il est délibéré de vous faire coquin du tout ». C'est ici une extension du sens de gueux *^.

L* extension qui a fait passer querela^ du sens de plainte à celui de dispute (querelle) est assez facile à saisir, pour qu'il soit besoin d'insister ^*. Le sens de plainte ou sujet de plainte se retrouve d'ailleurs dans le français : « Car j'ay laissé Marion esplorée Dedans son parc, où l'humble pastorelle Fait (j'en suis seur) lamentable querelle**. »

Un des mots où la langue française a, suivant Estienne, le plus abusé du latin, c'est souris, « Car nous prenons souris dans le sens du latin mus*^j et d'autre part nous avons mal compris sorexj qui n'a pas le sens de ratyy. Dans Du Bellay, Estienne n'a pas manqué de relever le mot : « La souris bien souvent périt par son indice*^ », et il a noté en marge :

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