‹ Henri Estienne et son œuvre françaiseChapitre 268 sur 533 · Dans le roman delà Rose. {Dial. ibid · texte numérisé non relu

Dans le roman delà Rose. {Dial. ibid

7. Rappelons que gmvelU et gravier sont des dérivés de grêve^ venu lui-^nême d*un mot celtique qui signifie pierre ou sable ; autre forme grève ou griéve ; grève, côte pierreuse ou sablonneuse est déjA une extension de Tidée primitive.

S. Kstienne cite également le roman de la Rose et la farce de Patbelin.

en Angleterre » iPhysician)» La Physique se prenait, en effet, au moyen âge, dans ce sens restreint de médecine ^. Si la physique est proprement la science des choses naturelles, il est remarquable que la langue moderne ait restreint, elle aussi, le mot dans le sens spécial de science du mouvement, en distinguant la physique de la chimie.

Soit dit en passant, ces deux mots ne dérivent pas du latin : gravelle vient du celtique; du moins physicien se rattache au grec, par Tintermédiaire du bas-latin '. Mais voici d*autres cas assez frappants de la même loi, relevés par Estienne dans des mots venus du latin :

Couvent vient deconvenlusy a dont la signification s*est ici restreinte ' ». Le sens u général » s'était d'ailleurs maintenu dans l'ancienne langue : « Et dont ele hante si sovent Des jolis valez le convent ^ ».

Taverne : de taberna. L'idée générale d'hôtellerie s'est restreinte au sens de maison où Von vend à boire ', d'où tavernier. Les Italiens ne nous ont pas emprunté taverniere^ comme le pense Estienne ; le mot appartient au développement roman '.

Il semble qu^Estienne ait été moins frappé par la loi inverse à celle de la restriction : l'extension du sens. Cependant les exemples que nous recueillons dans ses différents ouvrages sont à peu près aussi nombreux que les précédents. Ajoutons quMl aurait pu en trouver beaucoup plus encore, s'il avait pris la peine de chercher. L'extension du sens semble, en effet, un procédé plus naturel et plus instinctif que la restriction; la langue française, pour ne prendre qu elle, en a largement usé.

« Acier, qui vient de acies (Estienne devait ajouter par l'intermédiaire de aciarium) a désigné en français non plus l'épée, comme le mot latin, mais le métal dont l'épée est forgée ^. » Selon le dict. lat.-français acies aurait eu déjà le sens de métal (pro chalybe, dans Pline). Dès le plus ancien français, c^est aussi le sens du mot : « ceignent espedes de l'acier viëneis (de Vienne) •. »

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