‹ Henri Estienne et son œuvre françaiseChapitre 269 sur 533 · LmI. Lipsiif p · texte numérisé non relu

LmI. Lipsiif p

^* ^yP't t&2. Acies était dëJA lui-même Iç résultat d'une métonymie, le mot dési- K^uit primitivement ce qui est pointu, tranchsnt, a été appliqué à une arme, et encore par métaphore, A une ligne de soldats rangés en bataille.

B. Roland, 60, ExtraiU de G. Paris.

270 II. ESTIEXNE GRAMMAIRIEN FBAXÇAIS

Autre cas de mélonymie, où le concret remplace Tabslraii :

Icy mille forfaitz pullulent à foison, Icy ne se punit Thomieide ou poison *...

KKtienne souligne poison et note en marge : « pour empoisonnement, » Ici donc le mot qui est lui-même une restriction du sens premier de breuvage (potioneni) arrive à signifier, dans la langue poétique, par une exten- Mion asHCz hardie, une troisième idée.

Efltiennc vérifie encore la loi d'extension dans certaines locutions : « on leur a coupé la gorge par le chemin signifie proprement une particularité, mais revient à dire généralement on les a tuez ^ ». C'est ici, à vrai dire, un exemple de synecdoque : c'est la partie prise pour le tout.

Au reste, il faut s'entendre sur ces termes de grammaire : extension ou restriction du sens, qu'Estienne emploie comme nous, et sur ces autres métonymie^ synecdoque, catachrèse dont il n'use pas pour les appliquer à Fétude de notre langue, mais qu'il connaissait et qu il trouvait d'ailleurs chez les grammairiens latins ^, Peut-être les logiciens et les auteurs de rhétoriques en ont-ils fait depuis le xvi" siècle un abus inutile ^. En somme, ces différents tropes ou figures de mots peuvent se ramener plus simplement à la métaphore ou translation : « sçavoir est quand on transporte à quelque mot la signification qui proprement appartient à un autre ^. » C'est la métaphore qui crée les images, c'est-à-dire les sens figurés, en saisissant l'idée commune aux deux termes qu'elle rapproche^; elle repose donc sur la comparaison ^, et c'est elle qui est le plus fécond des procédés créateurs du langage. Ce principe essentiel a été compris par Henri Estienne ; il a su, et sans s'embarrasser cette fois de termes scolas tiques, analyser des mots à significations complexes, où il fallait en plus tenir compte d'une influence étrangère ^.

Il nous reste à examiner le troisième cas distingué plus haut :

I. Du Bellay, Vol. de Lyon, 378. (Regrets^ cxxvii.) 3. Conform.^ 163.

3. (U^ tonnes ont êtë appliqués à la langue française dans la Rhétorique d* Antoine Foclin.

4. V. les traités de grammaire de l'école de Port-Royal, et au xvni* siècle le traité des Tropes de Du Marais.

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