‹ Henri Estienne et son œuvre françaiseChapitre 290 sur 533 · V.LÎL L. C1.KSIEXT. — Henri iîslienne · texte numérisé non relu

V.LÎL L. C1.KSIEXT. — Henri iîslienne

290 U. ËSTI£>'i\Ë GRAMMAIRIEN FRANÇAIS

Sans doute, il est permis de penser que certains de ces mots (c savants », parmi les plus récents, ont été tirés directement du grec par des hellénistes qui pouvaient ignorer ou qui n'avaient pas besoin de se rappeler la forme latine, avant de faire la transcription française. Mais tel n'a pas été le cas de Nicolas Oresme qui ne sachant pas le grec, traduisit Aristote sur une traduction latine! Or les traductions d'Oresme ont fait entrer dans la langue scientifique et littéraire une foule de mots grecs *.

Parmi les créations qui paraissent devoir être attribuées au x\i* siècle, ou du moins dont nous n'avons pas rencontré d'exemples antérieurs, citons :

Analogie (v. plus bas), catégoriquement qui sont de Rabelais, ainsi que catégorie et catégorique^ \ homologuer (Rob. Est., 1549; termes homologues (arithm. de Stevin )^; epitome (Vie des Pères* et Rob. Est.); méthode (Rabelais], méthodiquement; méthodique dans Paré^ ; orthographe « pour orthographie^ » (latin orthographia)^ confusion qui semble avoir été faite au xvi^ siècle, précisément par les grammairiens : Pelletier, Ramus; mais Meigret écrit orthographie^. Paradoxes : Estienne cite le mot au pluriel el l'explique par « chose contre Fopinion commune » : « un discours paradoxe » (Montaigne); paraphrase'' (Rob. Est.); parenthèse (Rob. Est.®); rythme et rime. Nous avons dit qu'Estienne confondait les deux mots®; de plus il ramène étymologiquement rime à rhythmus. Or Diez a montré que rime venait de Tallemand rtm {reim) série, nombre*®. Le français lat. ne donne que rime.

Scholastique semble une forme assez récente et tend à remplacer escholastre (cf. franc. -latin), proprement «celui qui enseignait les lettres ordinaires dans une église cathédrale » (Pasquier**).

1. V. la thèse de Meunier sur Oresme et la leçon de M. Petit de Julie Wlle, dans la Revue des cours et conférenceSy année 1896, 2* série, p. 63 et 200.

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