‹ Henri Estienne et son œuvre françaiseChapitre 292 sur 533 · MOTS GKECS DES AHTS ET DES SCIENCES · texte numérisé non relu

MOTS GKECS DES AHTS ET DES SCIENCES

II. Ëstienne a insisté justement sur le parti que la dérivation française avait tiré de ces acquisitions. « Nous ne disons pas seulement rheloricien et rhetoriquement », « nous avons voulu avoir un verbe dérivé de là et dire rhetoriqaer ou plustost rhetorizer * , aussi bien que les Grecs IbYjTopCÇe'.v... » — « Comme oulire philosophe^ philosophie^ philosophique'^ y philosophiquement^^ nous usons aussi du verbe philosopher^ qui respond à ^tXcacf sîv. Semblablement, de l^oete, nous déduisons poétiser, lequel mot les Grecs n'ont point ^ ».

Ces deux infinitifs sont du xvi*' siècle. Poétiser est dans Marot ' ; philosopher dans Des Périers et Montaigne^. Ajoutons pindarizer qui du moins est de la fin du xv^ s. ''^ formé directement sur un nom propre (IlMapoc). Le suffixe izer, tiré du grec, servira aussi à des éléments purement français^.

D*autres dérivés sont plus anciens : par exemple, sophistiquer (xiv° s. OresmedansLi7.) u sophistiquer les sausses » dit Ëstienne'; et Montaigne : beau lé parée et sophistiquée ».

Rappelons que plusieurs de ces mots grecs qui nous sont restés, avaient été à Forigine précédés d'une première forme qui ne s'est pas maintenue ; sstrologien a fait place à astrologue qui apparaît dès le xiv'^ siècle *^. Rob. Ëstienne (1549) donne encore ces deux formes, ainsi que astronome et astronomien qui est au xv* s. (^Voissart, dans Lit.), Drame {xiif' s., Alebrand) est devenu dragme (xiv* s.) *®. Ici encore les deux formes sont dans le français latin. H. Ëstienne ne cite que dmme.

En somme, à en juger parla liste assez fournie de la Conformité^ sur une centaine de mots que comprend ce groupe des arts et sciences, on en rencontre à peine vingt que le xvi'^ siècle puisse réclamer comme de son cru. Tous les autres sont antérieurs. Dialogue est signalé dès le xm* siècle ** ; épigramme au xiv* **; géométrie est dans Amyot, et manque chez Hob. Ëstienne; Chrétien de Troyes s'en était servi *^ Amyot qui a employé ces termes n'a donc pas été un aussi fécond créateur de mots qu'on Ta dit *'* : il a trouvé

1. Employé par E. UcschampH (v. God); cf. rhetoricqueur dans Hubcluis.

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