V. Thurot, i7»id
11. Oiar,I, 20tel suiv. 0T,piax7[, Iheriaca. (Table de laConform.'
nin ». La forme populaire a donné tout naturellement le dérivé irtacleur *.
Ne pouvant supprimer ces mots consacrés par l*usage, Estienne les tolère donc, mais en demandant à ce qu'au moins leur signification soit restreinte : qu'on appelle triacle ces « compositions qui n'ont rien de commun avec la thériaque » et triacleurs ceux qui les vendent : « afin que comme la chose est desguisée, ainsi le nom soit desguisé et corrompu » *. Quant à theriaqueur, le mot désignerait mieux celui qui vend la véritable anditote, mais Estienne confesse qu'il ne l'a point ouï dire.
Parmi les altérations de ce genre, mentionnons encore cirurgien^ reproché aux courtisans ^ ; mais cette forme apparaissait dès le XIII* siècle, ainsi que la contraction : aurgien *. — Mandregloire « pour mandragore » ; mandegloire^ dans Rob. Est. t549, forme dont Du Gange cite un texte du x\^ siècle '. — Aposlume pour aposlème. C'est u un des mots que nos a nces très ont emprunté des Grecs* ». Aposlume : xiii*. s. (La Rose), aposlème dans Rabelais, Paré et le Franc-latin de 157!2. Gette ancienne prononciation a prévalu dans Tusage courant jusqu'au vii* siècle ^ .
Quant à ces variantes plaisantes du moi physionomie : philoso^ mie^ phisolomie^ philonomie^ ou philomie^ ou philonie^ ou encore phinomie^ et phlomie^, il faut en effet les laisser « à ceux qui n'ont aucunes lettres : du nombre desquels nous sçavons estre la plus grand^part des courtisans ». Aucuns disent <( encore pis : phelonnie (félonie) et phlebotomie ». La variété même de ces formes confuses les a empêchées de vivre. Estienne préférait physiognomonie *^. C'est sans doute à sa brièveté relative que le mot de physionomie a dû sa fortune !
1. Vendeur de thériaquey charlatan (dans Th. de Bèxe, vie de Calvin); ihériacleur dans Paré et Rabelais. Triacleur est encore dans Rcjçnier(v. Lit).