ial., II
11. Le Thésaurus grec signale « le sens théulogiquc et récent de sumbola pour dire les signes visibles dans les sacrements ».
s*est pas abusé en signalant à ses lecteurs Timportance de la formation savante. Sans doute un certain nombre des mots qu'il a considérés comme des emprunts directs, ne représentent à nos yeux le grec que si nous recherchons à travers le latin leur lointaine orig-ine. Quelques-uns remontent vraisemblablement à la source commune d'où les deux langues anciennes sont dérivées. Les autres, parcontre, sont vraiment venus du grec, mais par le latin, aux différentes étapes de son développement, depuis Tépoque classique jusques et y compris le bas-latin et la langue du Moyen Age. Lors de l'éveil de l'humanisme, le flot des héllénismes nous est arrivé par des traductions latines. Les hellénistes français eux-mêmes, en puisant à la source grecque, n'en ont guère rapporté que des mots déjà passés par la dérivation latine; ceux-là seuls du moins ont été richesse durable. Bref, le fonds grec du moyen français, c'est encore le fonds latin *.
Si maintenant nous quittons le terrain de Tétymologie où nous avons été obligés de suivre quelque temps Estienne, pour considérer l'état de la langue au xvi* siècle, nous reconnaîtrons Tactivité de la dérivation française qui répond aux besoins scientifiques ou littéraires en créant des termes nouveaux. C'est ainsi que les prog^rès du langage ont précédé parfois les progrès de la science elle-même. Parmi ces créations du xvr siècle, plusieurs aussi resteront acquises à la langue littéraire : comme philosopher et poétiser.
Tout en étudiant avec Estienne « les lieux communs des significations », ces groupes de mots qui répondent, en effet, à des catégories d'idées, nous avons pu saisir au passage les transformations phonétiques, ou si Ton veut, les déformations que tant de mots de marque savante avaient subies dans la prononciation populaire. Estienne s'en est plaint ! et cependant c'était le tribut nécessaire qu'ils devaient payer pour recevoir leurs lettres de naturalisation. Depuis, beaucoup plus tard, il est vrai, la langue de la science a été respectée ; mais est-elle devenue plus française ?
1. Il est entendu que je ne lire cette conclusion que des élënienls seuls qu 'Estienne me fournissait ; mais je les crois assez considérables pour espérer de m'ètre approche de la vérité. Si Rabelais a enrichi notre lexique de mots venus du {çrec, ceux qu'il a forgés direr(emen( n'ont pas pour la plupart survécu.