‹ Henri Estienne et son œuvre françaiseChapitre 314 sur 533 · PourO. de Majçny, le travail a été fait par M. Favre · texte numérisé non relu

PourO. de Majçny, le travail a été fait par M. Favre

4. L'annotation du volume de Lyon nous avait désifçné les plus saillants; si nous en croyons la liste donnée par M. Marty-Lav., Du Bellay aurait employé 70 italianismes

directs ou mots influencés). Quelques-uns restent douteux pour nous, comme aime 'qui est aussi bien un latinisme), billet^ carie (pour charle\ s'espacier, fiére pris substantivement, guerrière^ œillade et œillader, primevère; quoi qu'il en soit, de ces '0 mots ou locutions, 40 se rapportent à la peinture de la vie italienne; ce sont des termes techniques et pour ainsi parler, des citations.

5. Une vingtaine, dit M. Mellcrio (lexique de Repsard) ; une cinquantaine, dironsnous, en rabattant un peu du compte fait par M. Marty-Lavcaux.

poètes là même où ils imitaient les Italiens, aient voulu cependant parler français. Il est naturel* que les auteurs de mémoires et les historiens citent à tout instant les termes du langage militaire et de la diplomatie : ainsi Vincent Carloix ^ Mais c*est Brantôme qui dans ce groupe d'écrivains a le plus italianisé : son lexique justifie pleinement le pastiche des Dialogues ^. Le huguenot Agrippa d*Aubigné n'a pas lui-même échappé au goût de son temps ^. Pour prendre seulement le plus grand parmi les écrivains en prose de la fin du siècle ^, on relève des mots et des tournures empruntés à l'italien dans les Essais et surtout dans le Journal de voyage de Montaigne ^.

Mais ni les écrivains ni peut-être la fréquentation des Italiens établis en France, ou les relations commerciales et politiques n'ont autant contribué à faire entrer les italianismes dans notre langue que la diffusion des traductions ^. Parmi celles dont le succès a été le plus certain, citons le « Decameron de Jehan Boccace, traduit d'italien en françoys par Antoine le Maçon », valet de chambre de la reine de Navarre, en 1515. Pasquier range Le Maçon parmi ceux a auxquels notre langue n'est pas peu redevable ». En fait, sa traduction fut très répandue au xvi' siècle; or, elle est imprégnée de locutions italiennes. Rappelons encore les traductions successives du livre du Courtisan^ de Castiglione (1537-85) ^ et le recueil de Ruscelli, les Épistres des Princes^ qu'Estienne a cité dans les Dialogues ^.

Nous en avons dit assez, malgré les lacunes de cette énumération, pour faire comprendre comment la recrudescence de l'italianisme dans la langue française sous le règne de Henri III continuait un mouvement très puissant qui, malgré l'effort en partie victorieux de Henri Estienne, ne s'est pas arrêté brusquement.

1. Le rédacteur des mémoires de Vieille ville (v. Tédit. de Paris 1757, S vol. in-8\)

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