V. notre table bibliographique
$. V- notre l'* partie, p. 130, note 6.
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l'influence italienne sur la prononciation 309
Quelle a été Taction de la langue italienne sur la prononciation française. — Interprétation du témoignage de Henri Estienne. — Discussion de la théorie de Thurot. — Comment les faits qui doivent être attribués à Tinitiative de la cour ont été le plus souvent préparés et favorisés par les tendances de la langue populaire.
Adressons-nous d'abord au langage parlé, puisque le témoignage ici très direct de Henri Estienne nous permet de le saisir. Jusqu'à quel point Titalien a-t-il agi sur la prononciation française? Les éléments essentiels de ce problème nous sont fournis par notre grammairien.
Passage de oi à È, — La diphtongue oi ^ s'était généralement prononcée ouè dans la première moitié du xvi* siècle , et ce fut encore jusqu'au xvii*, en dehors de la cour, la prononciation la plus usitée. Pour être exact, disons que ce son variait, suivant les cas, entre oue et otf , et que Tune ou l'autre de ces deux notations le représentait ainsi le plus souvent dans l'écriture : on prononçait donc le roué (le roi), la fouè (la foi), yaimouès (j'aimois), etc.
Or, insensiblement, la cour modifia dans sa prononciation ce son de ouè et le fit passer au son de l'è (ouvert), du moins dans quelques noms : la rêne (roine ^), courtes (courtois 3), harnès pour hamois *, dret et endret pour, droit et endroit ^, mais particulièrement dans les noms de peuples : les Francès (François), les Polonès^ les Angles et dans les imparfaits et conditionnels des verbes : î'allès (j'allois), j'irès (j'irois s).
Cette altération est d'ailleurs antérieure au règne de Henri III : comme le témoignent Sylvius en 1531, qui se borne à l'attribuer aux Parisiens; Péletier en 1549 et G. des Autels en 1551, qui tous deux l'attribuent formellement aux courtisans et à ceux qui les imitent ^. Vient à son tour Henri Estienne qui sVlève avec force contre cette même prononciation et qui essaye, mais vainement,
1. En ancien français ei\ puis oi^ pro venue de c ou ï toniques du latin. 3. Dûii.f l, 2HA et pasiim,