Df'at., II, 123 et suiv
L*lNFLUEi>XE ITALIENNE SUR LA SYNTAXE 319
C'est ce qu*il appelle a pluralizei^ » et il y voit non sans raison une emphase, une affectation ^
A l'influence italienne nous ne pouvons rapporter avec certitude que remploi du pluriel dans la formule : je vous baise les mains '^, mise à la mode sous Henri II. « V. Ecc. alla quale bacio riverentemente le mani » écrit Stefano Guàzzo ^. Mais sous Henri 111 on renonça à l'emploi du pluriel dans cette formule , et on se contenta de dire : je baise la main de vostre seigneurie. C'était un recul dans Taffectation.
D*autre part, observons que le pluriel emphatique, surtout dans les termes abstraits, était d'un emploi très ancien dans la langue française *, témoin cette même expression de rendre grâces qui semble avoir été faite sur le latin gratias reddere :
« J'alasse à Dieu grâces etmerciz rendre... » (Couci, dans Lit,) ; render grazie était aussi une expression consacrée en italien (v. Boccace , dans Alberti]. Mais grâce ^ au sens de faveur^ est employé au pluriel par le français dans cette locution : gagner les bonnes grâces de quelquun\ au singulier par Titalien : « acquitlarsi la grazia di tutti n (Boccace, ibid,)
L'influence italienne apparaît au contraire dans des emplois du mot pris au singulier; par exemple cette façon de parler : « dite-moyy de grâce, qui emporte une prière » est, selon la remarque d'Estienne, italianisée ''. Di grazia se prend adverbialement en italien pour je vous prie *. — De u vostre bonne grâce » on peut encore rapprocher : con la grazia i^oslra.,, con buona grazia di tutti (Boccace, dans Alb,) ou encore : la grazia suai ^Rime antiche, 1527, dans La Crusca).
Quant à Texpression de faire ses couches, si le pluriel y semble en efl'et nouveau au xvi® siècle ^, il ne saurait venir de Titalien qui disait : fare il parte (Crusca).
Équivalents du pronomen reverentiœ ®. — En revanche, dire vostre seigneurie, au lieu de dire simplement vous, est un pur italianisme : « comment se porte vostre seigneurie ^1 » C'est ici déjà Tem-