‹ Henri Estienne et son œuvre françaiseChapitre 328 sur 533 · DiMl., II, 159. Cf. I, 118 et · texte numérisé non relu

DiMl., II, 159. Cf. I, 118 et

320 II. ESTIENNE GRAMMAIltlEN PftANÇAlf^

ploidela troisième personne pour la deuxième; toutefois les courtisans de Henri III continuaient leur discours par voi/s, en employant le pronomen reverentiœ. Ils n allaient pas jusquà elle. Aussi bien, les anciens auteurs italiens accompagnaient vostra signoria de voiy en revenant ainsi à la deuxième personne. Ella n^apparut qu'au xvi^ siècle, dans les recueils de lettres ^

Estienne critique, au nom de la grammaire ^, cette formule : où est sa majesté? en parlant du roi. Le pronom lui semble incorrect ou illogique : car, « il présuppose que vous avez desja parlé » de la personne que vous désignez. De même il faudra dire, en parlant « du roy et de la reine : où sont leurs majestés 3? » Il reconnaît d'ailleurs que la majesté « sonne trop haut pour un roy » et signifierait la majesté par excellence, celle de Dieu. L'article a, en effet, cette fonction particulière de signifier Texcellence. Estienne dit justement que sa est ici une « particule » : « elle est venue de Romme où ils disent la sua santità en parlant du pape ^ ».

Autres périphrases de même provenance : son excellence^ son altesse. Quelques-uns disent cependant : Valtessey en ayant recours à l'article ^. Dans toutes ces formules Temploi du possessif est bien italien. Toutefois cet usage était comme celui de ella auquel il se rattache, assez récent en Italie ^.

Superlatifs en issime. — Cette dérivation forgée sur l'italien, ne

1. Annibal Caro tenait encore pour le mélange de V. Signoria et de voi. (V. la lettre àB. Tasso que nous avons citée dans notre l'* partie, p. 130 et note7.] Bemardo employait ella en s'adressantà un seigneur important. [Lettere^ p. 386,au duc d*Urbin.)

2. 11 le fait aussi au nom de la morale. V. notre 1'* partie, p. 50, note 1 et p. 131, n. 3.

3. V. Dial.y I, 307 à 313; notons que le mot de majesté était appliqué au roi de France depuis déjà longtemps (v. lettre de Charles V citée par Lit. et la note deRist. ibid.^ p. 307) : m la majesté royal ». Mais Tusage de dire votre majeaté ou sa majesté date du règne de Henri II, suivant Pasquier, qui écrivit A ce sujet son fameux sonnet :

On ne parle en la cour que de sa Majesté^ Elle va j elle vienty elle est, elVa esté...

(v. RechercheSy VIII, 5).

4. Cf. Conform. 41 et vol. de Lyon^ 371 et 373 où Estienne a souligné « Sa Saincteté. • {Regrets, CXIII et CXVIII.)

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