‹ Henri Estienne et son œuvre françaiseChapitre 333 sur 533 · Dial., II, 314; cf. I. 125. V. notre V* partie, p · texte numérisé non relu

Dial., II, 314; cf. I. 125. V. notre V* partie, p

11. Le pronom était français, mais le verbe ilnliiMi truliissjiil A lui >v\\\ r(>ri^:ine de l'interlocuteur. C^est a^nsi que dans les dialectes où deux langues limitrophes se mêlent, le verbe appartient le plus s<»uven( à la langue prépondérante.

326 II. ESTIE.NNE (iRAMMAIRIEN FRANÇAIS

pareil jargon devait rarement sortir, quoi qu'en dise Estienne, d'une bouche' française. Philausone qui ne manque pas d'esprit, avertit lui-même Celtophile qu'il prenne garde « que les mots escorchez soyent trop près à près ' » ; il faut les espacer, et « farcir » à propos, mais sans excès, le langage français « d'herbes italiennes 2 ».

C'est, en fait, ce « farcissement » plus mesuré qui, dans la bouche des courtisans ou sous la plume des littérateurs, a le plus fait pour acclimater dans la langue les mots italiens. Avant Henri Estienne, Jacques Tahureau s'en plaignait déjà : « Monsieur du Muguet, courtisan, ne cherchera autre chose qu'à trouver le moyen de faire venir à propos aucun de ces mots, comme folâtre^ fai^ acoster^ aborder^ il ny manque rien, escorte, endurer une bravade^ acconche^ galante^ ïescarpe^ acort^ un fort bien à tous bouts de champ, disgrâce, de grâce, un poltron, un faquin, et ainsi avecques je ne sçay combien d'autres semblables mots apostez ^ »; témoignage important qui remonte peut-être au règne de Henri H et qui nous montre la fortune naissante d'italianismes ^ qui finirent par devenir français.

^ Nous ne placerons pas sans doute dans le lexique français du XVI* siècle ces locutions purement italiennes qu'Estienne nomme « de beaux italianismes » et qui n'étaient que des citations : de bone voglie (pour di buona voglia) ; in ogni mode, le prime del monde pour modo et mondo). Il en use à son tour ironiquement : « S'ils veulent confesser franchement la vérité (comme huomini dabene ^) »; « plusieurs... m*esmouvoyent à telle compassion... que non me baslava Vanimo (comme ils parlent là) de les aller voir ^. >> I^ langue empruntera encore des citations de ce genre à Titalien : e tutti quanti!,, ou à l'anglais. Ce sont là comme des monnaies d'échange entre peuples ; elles ne prennent un caractère plus individuel qu autant que la prononciation y met sa marque.

La loi de Tinfluence d'une langue sur une autre, agissant concur-

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