‹ Henri Estienne et son œuvre françaiseChapitre 332 sur 533 · Dial., I · texte numérisé non relu

Dial., I

LES MOTS ÉCORCHÉS DE l'iTALIEN 32o

III, 337). — « Sa maison est fort discosie » [Dial., I, 50). Cf. Brantôme : o discoste de la mer douze milles (i\\ 134);. italien discosto : éloigné de...

— Gofferiey gofferia.^ grossièreté. Cf. Brantôme, goffe^ grossier, ital. goffo^ même sens (II, 289). — Spaceger (i)ia/., I, 3), de spasseggiare^ se promener. Brantôme écrit passéger; passeggiare^ même sens (VII, 85).

— SiansCj pose, et par suite demeure, se retrouve, d'après Littré qui ne donne pas d^exemple, au xvi*' s. L'italien slanza^ au sens particulier de couplet, est devenu en français stance (employé par Ronsard).

Ces mots mal venus, sans doute, et condamnés par la langue, nommons-les des mois écorchés, en leur réservant cette appellation méprisante, mais commode qu*Estienne étend à presque tous les néolog-ismes tirés de Titalien. Quelques-uns cependant n'étaient-ils pas aussi bien formés (ou aussi mal) que ceux-mémes qui nous sont restés ?

Rabelais qui puisait à tous les vocabulaires, ne s'est pas fait faute de mêler des italianismes à ses héllénismes. Il est vrai qu^il pensait étourdir ses lecteurs en appelant parabolins^ des hâbleurs, ou magnigoule'^ un bélître, ou boies^ les bourreaux. Mais quand il écrivait requamé'* ou denare'^ ou faciende^y ou intrade'^, il usait de mots qui étaient sans doute fort communs comme ils Tétaient restés au temps d'Estienne : « grosse intrade^ c'est-à-dire gros revenu® », le mot était-il plus ou moins ridicule que contradel

Ce qui parait certain, c'est que ce langage composite et fait de K paroles italico-galliques, ou si on ventgallico-italiques'*^» était celui de beaucoup d'Italiens de la cour. Ceux-là écorchaient le français, non par plaisir, mais par nécessité ^^. Ils disaient : quand anderonsnous là? parce qu'ils ne trouvaient pas le verbe français **. Un

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