‹ Henri Estienne et son œuvre françaiseChapitre 34 sur 533 · DISCOURS SUR CLITIIERINE DE MÉD1C1S · texte numérisé non relu

DISCOURS SUR CLITIIERINE DE MÉD1C1S

certitude. Nous espérons du moins que notre discussion aura ce résultat de remettre sous son vrai jour et dans son milieu une <i?uvre intéressante, qui jusqu'à présent a été mal compçise.

Montrons d'abord que, contrairement à Topinion de Savons, le Discours sur Catherine a pu être écrit, pour le fond, par un protestant. Nous examinerons ailleurs* et de plus près la forme, c'est-àdire le style de l'ouvrage.

Indiquons seulement ici quelle en est la composition. Le discours comprend, outre un prologue, trois parties : l'^la jeunesse de Catherine, et les années qu'elle passa en France comme dauphine et comme reine jusqu'à la mort de Henri II (1S59) : cette partie vaut surtout par les portraits qui s'y trouvent dessinés ; 2® le récit dramatique, mais exact et assez détaillé, des troubles depuis la conjuration d'Amboise (1560) jusqu'à la mort de Charles IX; cette partie est de beaucoup la plus longue. Après le massacre de la Saint- Barthélémy, triomphe atroce et inutile de Catherine, elle est obligée de soutenir la lutte contre le duc d'Alenyon, qui s'est mis à la tête des honnêtes gens. Elle fait instruire le procès de Coconas et de La Mole, tient sous bonne garde Monsieur le duc et ose mettre la main sur trois maréchaux de France -. L'histoire s'arrête au lendemain même de la mort de Charles IX. (31 mai 1574.) Catherine « se va mettre dedans Paris au Louvre avec ces pauvres Princes, et fait griller fenestres, redoubler gardes, de peur qu'ils ne soyent délivrez : bref, retient le gouvernement du royaume, et s'en fait appeler Régente »^. Elle attend l'arrivée du roi de Pologne.

Ici le Discours reprend sur une longue dissertation (3** partie) au sujet de la loi salique et des « peVhicieux gouvernemens des femmes en France. >> L'auteur s'efforce de démontrer que la régence « a été usurpée à faux titre » par la reine mère.

Cette troisième partie (ou cet épilogue) se termine par une adjuration véhémente que l'auteur adresse « aux Princes du sang », au peuple de France et nommément à vous, Messieurs de Paris, dont la ville est la capitale de ce royaume ^ ». Il faut que tous se lèvent et délivrent les princes et seigneurs que la reine tient enfermés.

Le Discours conclut donc sur un appel aux armes. Notons ce point. Il est évident que l'auteur est avec le parti des « politiques ».

1. Dans notre f* partie; la comparaison du Disc. merv. avec VApologie jtour Hérodote et les Dialogues s'impose i nous, et elle nous fournira d'utiles indications. 3. François de Montmorency, son frère Damville et Artus de Cosse. 3. Disc, merv., p. 83-83.

A, Disc, merv.j p. 103, 104.

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