L. CLévBZfT. -^ Henri Estienne
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Il ne va pas cependant jusqu'à réclamer la royauté pour le duc d'Alent^'on pour le([uel certains de ses partisans nourrissaient peutêtre cette t^mbition. Il reconnaît formellement que l'autorité du feu roi est « escheue au roy de Pologne, son successeur * ». Mais ce qu'il ne veut pas qu'on endure plus longtemps, c'est que Catherine, ayant usurpé la régence, gouverne au nom d'un roi qui est absent. Si on lui laisse aujourd'hui le pouvoir, il est trop certain qu'elle le gardera demain, u Si elle fait semblant d'en laisser la charge au Roy de Pologne, le bouchon sera changé, mais nous boirons tousjours d'un mesmci vin *^. » L'auteur est donc attaché au droit légitime: mais il se défie de la faiblesse du nouveau roi parce qu'il connaît trop sa mère.
Or le Discours- 6id[i composé, et même il avait paru avant que Henri III ne fût revenu en France -^ : il s'attardait aux fêtes somj)tueuses cpii lui étaient offertes en Italie, où il conférait encore avec le duc de Savoie. Le manifeste arrivait à un moment tout à fait critique et son retentissement devait être d'autant plus fort. Que ce soit un polltlcjue ou un huguenot qui l'ait écrit, l'auteur a tenté de peser, par un coup adroitement porté, sur les événements. L'œuvre n'a donc pas été seulement dictée par une haine qui sans doute aurait sulli pour animer la satire; elle a servi une combinaison politiciue très précise et très arrêtée.
Lst-il nécessîiire (|ue ce manifesti» en faveur du parti des [)oliti(jiies ait été écrit par l'un d'eux ? iMicore faudrait-il qu'il se fût trouvé dans leurs rangs un écrivain dune trempe singulière. On a mis en avant le nom de Pierre Pithou : il est vrai qu'en écrivant le Discours à Monsieur dAubrinj pour la Satire Mcnipjwc, Pithou a fait preuve, hii aussi, de ((ualités anah)gues à celles (pu^ nous voyons dans le Disc(furs sur (IntJtcriiw : toutefois avec une éloquence plus sobre et une iMiIlerie plus conleiuu'. Il nomme (iatherine « la bonne dame, la bonne mère » et ce mot lui sulïit. Pithou était certainement de cette érole politicpie, qui souliaitait (jue le pouvoir royal s'alîermît en rexenaiil aux tindilions françaises et en s'arrachant à rintluence des Ihdiens ou des lvsp:ignoIs. M;iis il était très ami de la paix qu'il (lisait ])i»''ttM-er à tout '. Lsprit froid et jxmdèré, il n'aurait pas ainsi