‹ Henri Estienne et son œuvre françaiseChapitre 340 sur 533 · SUITE DU LEXIQUE : LES GROUPES D'IDÉES · texte numérisé non relu

SUITE DU LEXIQUE : LES GROUPES D'IDÉES

Malgré le désordre dans lequel Henri Estienne cite ces néolog^ismes, il a cependant compris qu'ils n'étaient pas tous isolés les uns des autres, que beaucoup formaient des groupes naturels par I*analogie des idées qu'ils représentaient. Ce sont, par exemple, les termes techniques de la langue militaire, venus de l'Italie en bataillons serrés; les mots concernant les institutions, l'étiquette des cours, le protocole des chancelleries, et ceux qui se rapportent aux mœurs, à la toilette, aux jeux, aux diverses manifestations de la vie élégante et mondaine. Ces familles de mots sont de véritables faits, portant avec eux leur cause historique ou morale. Pour les termes mêmes qui sont restés étrangers à l'influence italienne, il est intéressant de savoir dans quels rapports d'idées ils sont avec leurs voisins. L'ordre alphabétique se prête mal à ces rapprochements ^ que nous dégagerons sans beaucoup de peine de l'exposition trop discursive de notre auteur.

Il est vrai que d'autres mots ne se laisseront pas classer aussi nettement que les termes de la guerre, de la diplomatie ou de la mode. Beaucoup assurément désignent les choses les plus diverses, beaucoup rentrent dans cette variété d'idées abstraites et morales dont une langue a besoin, dont elle est toujours en quête, plus encore que de termes concrets et techniques. Voilà donc une nouvelle catégorie, plus large, sans doute, et plus flottante que les précédentes. Il nous semble inutile d'y tracer des subdivisions qui risqueraient d'être scolastiques. Mais c'est ici encore un fait, et peut-être le plus grave, que l'envahissement de l'italianisme se soit

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