‹ Henri Estienne et son œuvre françaiseChapitre 342 sur 533 · Pasquier, /Jcr/ierc/ie», livi-c V'III, chap · texte numérisé non relu

Pasquier, /Jcr/ierc/ie», livi-c V'III, chap

LKS TERMES DE (U'ERRE Kï DE MARINE 333

Cataneo, Machiavel^, ils renferment, il est vrai, des termes qui se retrouvent dans lefrançais, mais à une époque relativement récente :

Bataillon^ qui apparaît dans Amyot (v. Lit.) et qui ne doit pas être antérieur au xvi* siècle. C'est ceptainement Titalien batlaglione *.

Canonnière (embrasure pour une pièce de canon) est dans Commynes; le mot peut être sans doute considéré comme un dérivé de canon ; mais il a bien pu venir directement de Titalien cannoniera^ quoi qu'en pense Estienne. Aussi bien canon, au sens de pièce d'artillerie, avait été emprunté, au XIV* siècle, à Titalien cannone (de canna ^ tube); canonnier (xv* s.) et canonnade {xv!** s. ^) représentent également cannoniere et cannonata. Brantôme dit que nous avons appris canonnade des Italiens ^, comme strquebase et arquebusade.

Plusieurs de ces termes sont venus d'Italie dès le commencement du \y* siècle. Escarmouche [scaramuccia] se rencontre même au xiv® siècle ^,

Par contre Estienne nous renseigne abondamment sur les termes anciens que nous avions laissé perdre : pour sentinelles (au pluriel) nous avions escoutes ^; pour lancespessade ou lancespezzade [lancia spczzaia, proprement lance despecee ou mise en pièces) : soldats appointez'^ f etc.

Il ne veut pas d'ailleurs ramener ses contemporains à la vieille guerre. Il reconnaît que certains mots anciens ne sont plus d'usage ^, il abandonne chevetain et adventurier ou bien souldoyer qui doivent céder la place à capitaine ^ et à soldat y et la raison c'est que Tusage, ancien déjà, a consacré ces mots venus de Titalien.

Tous les écrivains militaires du xvi® s. emploient soldai (v. l'historique de Lit. et spécialement Brantôme, Capit. fr.^ t. lV^p. 47, édit. Lalanne). Rob. Est., 1549, donne « ung soldat » et renvoie à souldart qu'il traduit par miles.

I. V. rindication bibliographique de ces ouvrages dans les éditions de Fcugère et de Huguet \^Précellence). Ajoutons-y cette indication essentielle : « Nicolù Machiavelli, UbrodelV strie délia ^uerra.Firenze, Giunta, 1321 ; » autre édition à V^^enisc, Comin da Trino, 1540.

î. PrècelL, 379.

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